Coronavirus : Quelles sont les conditions pour toucher la prime « Macron » spéciale Covid ?

ARGENT Après les « gilets jaunes », la prime exceptionnelle sur le pouvoir d’achat est destinée aux salariés confrontés à l’épidémie de coronavirus

Romarik Le Dourneuf
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La prime pourra être différente selon qu'on se rende sur son lieu de travail ou non
La prime pourra être différente selon qu'on se rende sur son lieu de travail ou non — ROBIN LETELLIER
  • La prime exceptionnelle de pouvoir d’achat, créée en 2019, a été reliftée pour encourager les salariés qui se rendent sur leur lieu de travail pendant la crise sanitaire.
  • Versée au bon vouloir des entreprises, elle peut s’élever jusqu’à 2.000 euros pour celles qui ont un accord d’intéressement.
  • Une ordonnance, présentée ce mercredi 1er avril, permet aux entreprises de moduler les primes selon les postes des salariés, selon qu’ils soient ou non exposés directement au Covid-19.

Créée en réponse aux « gilets jaunes », la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat, dite « prime Macron », est à nouveau d’actualité. Le gouvernement encourage en effet les entreprises à la verser pour récompenser ceux qui travaillent « en seconde ligne » pendant l’épidémie de coronavirus.

Quelle est cette prime ?

La prime exceptionnelle de pouvoir d’achat avait été annoncée par Emmanuel Macron en décembre 2018, suite au mouvement de « gilets jaunes ». Exonérée de toutes cotisations sociales et défiscalisée, elle a été renouvelée pour 2020. Initialement durcie, elle devait être soumise à la condition d’un accord d’intéressement pour les salariés.

Mais face à la crise du coronavirus, Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, a changé la donne, annonçant la levée de cette condition pour les entreprises de moins de 250 salariés.


Quelles sont les conditions de versement ?

Les entreprises de moins de 250 salariés qui n’ont pas d’accord d’intéressement peuvent verser une prime exceptionnelle de 1.000 euros à tous leurs salariés dont le revenu est inférieur à 3 fois le montant du SMIC. Si ce type d’accord a été noué, la prime peut être doublée et s’élever jusqu’à 2.000 euros.



Attention, cette prime n’est pas obligatoire et son versement est au bon vouloir des entreprises.

Quand la prime est-elle versée ?

L’échéance était initialement limitée au 30 juin. Bruno Le Maire a annoncé son report au 31 août 2020, afin de permettre aux entreprises d’étalonner les coûts. Il est possible de la verser à n’importe quel mois jusqu’à cette date butoir.

Les salariés en télétravail peuvent-ils en profiter ?

Officiellement, tous les salariés, qu’ils soient sur leur lieu de travail ou en télétravail, peuvent en bénéficier si leur entreprise en fait le choix. Le ministre a précisé que ce n’était pas à lui d’en décider : « Être en télétravail, c’est difficile aussi, et je pense qu’il ne faut pas faire de hiérarchie dans la difficulté du travail. En tout cas, ce n’est pas à moi de le faire [ce choix]. »

Toutefois, une ordonnance présentée en Conseil des ministres ce mercredi précise que l’entreprise peut, désormais, « distinguer les salariés qui doivent se rendre sur leur lieu de travail et les autres. » Ainsi, il est possible de verser une prime plus importante pour les agents aux caisses d’un magasin, par exemple, que pour des personnels pouvant télétravailler.

Quelles entreprises ont déjà annoncé verser cette prime à leurs salariés ?

Plusieurs groupes de grande distribution ont déjà annoncé leur intention de verser cette prime. C’est le cas, par exemple, de Casino (Monoprix, Franprix), Auchan, des Mousquetaires (Intermarché, Netto), Carrefour, Système U, Lidl ou encore E.Leclerc.

En revanche, les syndicats ont pointé du doigt le difficile cas des magasins franchisés. En effet, pour beaucoup de directeurs de ce type de magasins, cette prime ressemble à un cadeau empoisonné. Interrogées par le magazine Linéaires, plusieurs franchises affirment ainsi ne pas pouvoir se permettre de verser de telles primes pour récompenser leurs salariés, sous peine de mettre la clé sous la porte.