Coronavirus dans l’Hérault : Vacances repoussées ou annulées, la crise du Covid-19 a un impact sur les réservations de l’été

VACANCES Les professionnels interrogés par 20 Minutes évoquent des conséquences directes sur leurs activités

Nicolas Bonzom
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La plage, à la Grande-Motte, près de Montpellier.
La plage, à la Grande-Motte, près de Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • La crise sanitaire liée à l’épidémie de coronavirus a un impact sur les réservations des vacances d’été, dans l’Hérault, selon les professionnels interrogés par « 20 Minutes ».
  • Certains annulent leurs réservations, les repoussent ou attendent avant de les caler.

En pleine crise sanitaire du Covid-19, les vacances d’été paraissent loin, très loin. « On n’y pense même pas ! », confie Sébastien, un internaute qui a répondu notre appel à témoignages, sur la page Facebook de 20 Minutes Montpellier. « On ne sait même pas si on va nous les accorder, nous, on nous a interdit d’en poser à la reprise, donc on verra, ajoute Christine. Je prendrai une semaine, peut-être deux, pas plus. »

Si la période de confinement liée à l’épidémie de coronavirus n’a pour l’instant été repoussée qu’au 15 avril prochain, la crainte d’une crise bien plus profonde pourrait avoir des conséquences sur les réservations estivales, au bord de la Méditerranée. Jacques Mestre, restaurateur à la Grande-Motte, dans l’Hérault, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie dans le département, ne cache sa vive inquiétude.

« Les gens ont peur »

« Ce qui compte avant tout, c’est la santé, confie-t-il à 20 Minutes. Il faut remercier le personnel soignant, il faut les aider. Mais après, malheureusement, il y aura la situation économique. Et je suis très pessimiste. Dans l’ex-Languedoc-Roussillon, nous vivons essentiellement du tourisme. Des réservations sont annulées. Les gens vont sans doute réserver au coup par coup, un week-end, une semaine. Ils vont attendre le dernier moment. » Pour Jacques Mestre, « les gens ont peur, ils risquent de se recroqueviller ».

« Des clients belges m’ont téléphoné hier [dimanche], raconte-t-il. Ils devaient venir à la Grande-Motte, mais vu ce qu’il se passe, ils ne savent pas s’ils viendront. Peut-être en août, mais ce n’est pas sûr. » Sans compter, poursuit le représentant de l’hôtellerie dans l’Hérault, que « le pouvoir d’achat des gens risque d’être durement touché » par la crise sanitaire, et que certains se priveront de vacances cet été, ou les raccourciront.

« Nous sommes frappés de plein fouet »

Dans les campings et les hôtels du littoral héraultais, l’impact est réel, selon les témoignages recueillis. « Pour l’instant, il n’y a pas eu d’annulations chez nous, mais les réservations sont en baisse, déplore le gérant d’un camping, à Palavas-les-Flots. Les gens attendent de voir comment les choses vont se passer. C’est une situation compliquée. » « Les réservations ont du retard », regrette-t-on, dans un autre camping.

« Il y a des annulations, mais dans la majeure partie des cas, ce que l’on arrive à faire au bon vouloir des clients, et c’est vrai qu’ils jouent le jeu, c’est repousser les dates, confie Mathieu Lescoche, directeur du camping Maïana Resort, à la Grande-Motte, qui, comme ses confrères, ne peut pas ouvrir, pour l’instant, jusqu’au 14 avril. Mais nous sommes frappés de plein fouet. Les campings font au mieux pour garder la tête hors de l’eau. »

« De nouvelles réservations, il n’y en a pas, depuis le début du confinement »

« Les clients habituels, qui viennent d’une année sur l’autre, ils ont fait leurs réservations, témoigne le gérant d’un hôtel, à Carnon. Mais viendront-ils ? Je ne sais pas. Mais de nouvelles réservations, il n’y en a pas, depuis le début du confinement. Zéro. Pourtant, d’ordinaire, à cette époque, elles commencent à tomber. » « Les gens qui souhaitent venir à la mer cet été vont sans doute réserver au dernier moment », en fonction de la situation sanitaire, reprend un hôtelier de Palavas-les-Flots, qui craint des annulations de dernière minute, possible « jusqu’à 72 heures avant » dans ses établissements. « Et puis, surtout, ils ne savent pas quand les vacances commenceront, pour leurs enfants. »

Selon une enquête menée auprès de 3.800 professionnels par le Comité régional du tourisme, « 86 % des réservations déjà effectuées en avril ont depuis été annulées ou décalées à juin et juillet ». « Les projections concernant les réservations impactent négativement le début de saison mais laissent encore un espoir sur les mois d’été », note l’organisme régional. « Une analyse des chiffres permet également de constater des répercussions sur le moyen terme puisque Expédia France fournit (au 17 mars) des chiffres de réservation pour les 6 mois à venir en Occitanie en baisse de 13 % pour les touristes étrangers et de 22 % pour le marché domestique (en comparaison à l’état de ses réservations à la même date en 2019) », ajoute le Comité régional du tourisme.

Sans doute faudra-t-il, pour préserver le tourisme hexagonal, privilégier des destinations en France, préconisent certains. « La promotion de la destination Occitanie sera primordiale pour garantir l’attractivité touristique du territoire pendant la prochaine saison estivale afin de soutenir l’activité de ce secteur stratégique », prônait le 12 mars Carole Delga (PS), la présidente de la région. « Il faut partir en France, soutenir l’économie », s’exclame Sébastien, un internaute sur le Facebook de 20 Minutes Montpellier.