Télétravail : Les clés pour ne pas se laisser submerger

EMPLOI Déjà mis en place par une minorité des entreprises, le télétravail a permis à une large majorité d’entre elles de continuer leur activité durant l’épidémie de coronavirus

Julie Polizzi pour 20 Minutes

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Le télétravail peut engendrer beaucoup de stress si vous ne vous fixez pas un cadre.
Le télétravail peut engendrer beaucoup de stress si vous ne vous fixez pas un cadre. — IStock / City Presse

Depuis longtemps démocratisé à l’étranger, le télétravail a eu du mal à se faire une place en France, où la plupart des entreprises ne jurent que par un présentéisme extrême. À l’inverse, cette forme d’organisation permet à un salarié qui pourrait travailler au sein des bureaux de sa société de le faire plutôt de chez lui grâce à un ordinateur et à une connexion internet.

Convaincu de sa pertinence, le législateur a d’ailleurs décidé de lui donner un coup de pouce en assouplissant ses modalités de mise en place dès 2017. Un dispositif bien inspiré au vu des mesures exceptionnelles qui seraient prises trois ans plus tard pour ralentir l’épidémie de coronavirus

Entre avantages et risques psychosociaux

Si le télétravailleur est un travailleur comme les autres, bénéficiant de tous les droits habituels, il est en effet censé profiter d’un meilleur environnement pour effectuer ses tâches. Comme le met en avant la plateforme de référence en la matière Teletravailler.fr, cette pratique permet d’augmenter sa productivité grâce à un gain de temps de transport, de réduire l’absentéisme, de trouver un meilleur équilibre entre vie professionnelle et familiale ou encore de gagner en sérénité dans son travail. Mais encore faut-il pour cela que toutes les conditions soient réunies.

Il ne faut en effet pas sous-estimer les risques psychosociaux liés à ce fonctionnement. En tête de liste, ce nomadisme conduit certains à être connectés en permanence, même en dehors de leur temps de travail effectif, afin de prouver à leur patron qu’ils ne sont pas des tire-au-flanc. Corollaire évident, la réduction des frontières entre professionnel et personnel peut impacter la sphère familiale. De même, un salarié en télétravail peut vite se sentir isolé et rejeté par rapport à ses collègues, tout en subissant un stress dû au manque de contact avec sa hiérarchie. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, dans un contexte normal, ce mode d’organisation est en général limité à un ou deux jours par semaine.

Les bons réflexes

Pour éviter ces écueils, il est essentiel de prendre de bonnes habitudes de télétravail. Il est impératif de pouvoir aménager un véritable espace dédié à votre activité professionnelle. L’idéal est évidemment de disposer d’une pièce fermée, dans laquelle vous ne serez ni dérangé par la machine à laver ni par les enfants. À défaut, fixez au moins des règles avec vos proches et délimitez votre coin bureau à l’aide du mobilier disponible.

En télétravail, on a également tendance à oublier de se dégourdir les jambes. C’est pourtant indispensable à votre santé. Prenez des pauses et profitez-en pour faire quelques étirements et aller respirer un peu d’air frais par la fenêtre. Pour ne pas vous laisser déborder par votre travail, vous devez également vous fixer des horaires avec un début et une fin de journée, en évitant toute source de distraction entre-temps. Si votre entreprise a un logiciel de pointage à distance, c’est encore plus simple : une fois vos heures effectuées, éteignez votre ordinateur.

Une mise en place encadrée

Par principe, le télétravail doit faire l’objet d’un accord collectif, d’une charte élaborée par l’employeur ou d’un accord individuel avec le salarié. Condition sine qua non à sa mise en place : il doit être volontaire.

Néanmoins, l’État a prévu une exception dans laquelle ce mode de fonctionnement peut être imposé aux employés. Depuis la réforme de 2017, l’article L1222-11 du Code du travail dispose ainsi qu' « en cas de circonstances exceptionnelles, notamment de menace d’épidémie, ou en cas de force majeure, la mise en œuvre du télétravail peut être considérée comme un aménagement du poste de travail rendu nécessaire pour permettre la continuité de l’activité de l’entreprise et garantir la protection des salariés ».

Pour protéger leurs salariés, plusieurs entreprises y ont donc recouru dès le début de l’épidémie de coronavirus, avant qu’il ne soit généralisé en masse par des mesures de confinement.