Pourquoi l’assurance-vie séduit-elle toujours les épargnants français ?

ARGENT En 2019, les Français ont investi plus de 22 milliards d’euros dans l’assurance-vie

Julie Polizzi pour 20 Minutes

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L'assurance-vie est le produit numéro 1 d'épargne en France.
L'assurance-vie est le produit numéro 1 d'épargne en France. — IStock / City Presse

Les Français sont de véritables fourmis. Pour couvrir leurs arrières, financer leurs projets et se constituer un pécule pour leurs vieux jours, ils épargnent, épargnent et épargnent encore. Or, parmi un panel pourtant large de produits financiers à leur disposition, c’est essentiellement l’ assurance-vie qui suscite depuis longtemps le plus d’engouement.

Un succès jamais démenti

Selon les chiffres de la Fédération française de l’assurance, l’encours des contrats d’assurance-vie s’élevait à 1.789 milliards d’euros fin janvier 2020, en progression de 5 % sur un an. Rien qu’en 2019, les ménages y ont investi plus de 22 milliards d’euros, d’après le baromètre de la marketplace Netinvestissement.fr. Les raisons de ce succès ? Pour Matthieu Laurent, agent général d’assurances, ce plébiscite national s’explique par le fait que « l’épargnant français a très peur du risque ». Ainsi, « la recherche de bénéfice à moyen terme avec un capital garanti conduit toujours vers l’assurance-vie et les fonds euro ».

Outre un fonctionnement assez simple (c’est vous qui pilotez la périodicité et le montant des versements), votre épargne reste disponible en cas de besoin, puisque vous pouvez racheter votre contrat quand bon vous semble. Côté fiscalité, il est toutefois plus avantageux d’attendre au moins huit ans pour retirer votre capital. Dans ce cas, vous bénéficiez d’un abattement de 4.600 euros (9.200 pour un couple). Au-dessus de ce seuil, vous choisissez entre une imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu ou l’application d’une taxe de 7,5 % (ou de 12,8 % si les primes excèdent 150.000 euros). Par ailleurs, l’assurance-vie permet de transmettre facilement de l’argent à ses proches grâce à la clause bénéficiaire qui échappe aux règles classiques de succession.

Une performance en déclin

Mais l’assurance-vie est de moins en moins rémunératrice ces dernières années. Alors que l’essentiel de l’épargne est versé sur ce qu’on appelle les fonds euro, leur taux de rendement moyen est passé de 2,80 % en 2013 à 1,70 % en 2018, selon l’Argus de l’assurance, tandis que les experts l’évaluaient entre 1,40 et 1,50 % en 2019.

D’aucuns incitent par conséquent les ménages à se tourner vers des produits plus rémunérateurs. Rappelons que la plupart des offres du marché consistent en des contrats multisupports. Votre argent est donc réparti entre un fonds euro sans risque, puisque le capital est garanti et augmenté des intérêts annuels, et des unités de compte qui permettent de le faire travailler davantage en investissant dans des actions et autres obligations. Pour booster le rendement de votre assurance-vie, il est par conséquent conseillé d’augmenter la part d’épargne placée sur ces unités. Mais attention, le capital n’est ici pas garanti.

Une assurance-vie à composer

Deux autres types d’assurance-vie sont commercialisés depuis 2014. D’une part, le contrat euro-croissance. Le capital n’est garanti qu’après huit ans minimum de détention, avec la promesse d’un rendement en principe accru. Si l’épargnant clôture son assurance-vie avant cette échéance, il n’est pas assuré de récupérer l’intégralité des capitaux qu’il a versés, tout dépendant alors de l’encours des placements effectués.

D’autre part, le contrat vie génération : 33 % des sommes doivent être investies dans l’économie sociale et solidaire, les sociétés non cotées et celles de taille intermédiaire. En contrepartie, un abattement supplémentaire de 20 % complète la fiscalité classique de l’assurance-vie en cas de décès du souscripteur.