Coronavirus : La règle qui forçait les compagnies aériennes à faire voler des avions à vide (presque) suspendue

AVIONS SANS AIDES La règle est suspendue jusqu’à octobre, au moins, mais il faudra encore l’accord du Conseil et du Parlement européen

20 Minutes avec AFP

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Des avions à l'aéroport de Roissy-Charles-De-Gaulle. (archives)
Des avions à l'aéroport de Roissy-Charles-De-Gaulle. (archives) — ISA HARSIN/SIPA

Les représentants des pays de l’Union européenne ont donné leur feu vert vendredi à une suspension des règles sur les créneaux aéroportuaires au moins jusqu’en octobre, afin d’aider le transport aérien durement affecté par la crise du coronavirus. Cette suspension doit encore être approuvée par le Parlement européen et le Conseil, institution représentant les Etats membres.

La Commission européenne avait annoncé la semaine dernière qu’elle allait proposer un assouplissement temporaire de ces règles qui contraignent les compagnies aériennes à utiliser au moins 80 % des créneaux horaires qui leur sont attribués dans les aéroports, faute de quoi elles perdent leurs droits la saison suivante. Cette mesure était réclamée par les compagnies aériennes, confrontées à une chute du trafic, pour éviter d’avoir à faire voler des avions à vide pour garder leurs créneaux.

Pas une première

Les ambassadeurs des pays de l’UE ont approuvé vendredi une suspension des règles du 1er mars au 24 octobre, qui s’appliquera aussi de façon rétroactive du 23 janvier au 29 février pour les vols entre l’Union européenne et la Chine ou Hong Kong, a indiqué le Conseil dans un communiqué. La date du 23 janvier correspond à la première fermeture d’aéroport en Chine. Si la situation actuelle persistait, cette suspension pourrait être prolongée par le biais d’une procédure rapide, est-il précisé.

Ce moratoire devra être approuvé par le Parlement européen lors de sa session du 26 mars puis formellement par le Conseil. « Cette dispense sur les créneaux permettra de donner de la flexibilité et de la certitude à notre industrie de l’aviation dans cette situation sans précédent », a déclaré le ministre croate des Transports, Oleg Butkovic, dont le pays exerce la présidence de l’UE. « Personne ne veut que des avions volent à vide, c’est une priorité absolue pour la présidence croate que cet amendement soit adopté le plus vite possible », a-t-il ajouté.

L’UE avait déjà eu recours à de telles dérogations après les attentats du 11 septembre 2001, lors de l’épidémie de Sras en 2003 et la crise financière en 2009.