Coronavirus : Bruno Le Maire estime que si l'UE n'aide pas l'Italie, elle ne s'en relèvera pas

SOLIDARITE Le sort de l’Union européenne se joue dans les prochaines semaines prévient le ministre de l’économie français

20 Minutes avec AFP

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Les terrasses vides à Venise, en Italie.
Les terrasses vides à Venise, en Italie. — Anteo Marinoni/AP/SIPA

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a prévenu vendredi que si l’UE laissait tomber l’Italie, « elle ne s’en relèvera pas », appelant les Etats membres à « se rassembler » pour faire face à la crise du coronavirus. « Si c’est le chacun pour soi, si on laisse tomber certains Etats, si on dit à l’Italie, par exemple, "débrouillez-vous tout seuls", l’Europe ne s’en relèvera pas », a affirmé le ministre sur LCI.

« Si nous ne sommes pas capables de nous rassembler, c’est le projet politique européen qui sera emporté par cette crise », a-t-il ajouté, appelant l’UE à suivre l’exemple de la Banque centrale européenne (BCE) qui a annoncé mercredi un plan d’urgence de 750 milliards d’euros. « On voit que la solidarité de la zone euro se reconstitue, que les écarts des taux d’intérêt se réduisent », a souligné Bruno Le Maire.

Ouvrir toutes les lignes de crédit

« Nous sommes sur la bonne voie et il faut continuer dans la durée à manifester cette solidarité européenne pour que le continent européen puisse sortir plus fort de cette crise », a-t-il insisté, sans toutefois détailler les mesures que devraient prendre les Etats membres. Dans un entretien accordé vendredi au Financial Times, le Premier ministre italien Giuseppe Conte a été plus explicite. Il a demandé à l’UE d’utiliser « toute la puissance » de son fonds de secours (MES) de la zone euro face à la crise « sans précédent » du coronavirus.

Selon lui, la voie à suivre est d’ouvrir toutes les lignes de crédit du fonds de secours à tous les Etats membres « pour les aider à lutter contre les conséquences de l’épidémie de Covid-19, avec pour condition que chaque Etat soit transparent et rende des comptes sur la manière dont sont dépensées les ressources ». Ce mécanisme a été mis en place en 2012 lors de la crise de la dette de la zone euro. Doté d’une force de frappe de 410 milliards d’euros, le MES fournit des crédits aux pays en difficulté. En échange, les Etats – comme ce fut le cas pour la Grèce – doivent mettre en œuvre des réformes.