Coronavirus : Le e-commerce n’est pas confiné, mais peut-on encore se faire livrer ?

CLIC Alors que les commerces non essentiels ont fermé, les sites de vente en ligne sont toujours ouverts

Romarik Le Dourneuf

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Illustration d'un entrepôt
Illustration d'un entrepôt — Jens P. Raak
  • Pendant le confinement, les commandes en ligne sont toujours possibles, sous réserve que les livreurs disposent d’une attestation professionnelle de déplacement.
  • Les enseignes continuent de fournir tous types de produits, mais la plupart ont dû renoncer aux ventes en magasins-relais en raison de leurs fermetures.
  • Plusieurs acteurs appellent à la responsabilité des citoyens, en rappelant que davantage de commandes signifient davantage de risques pour les travailleurs.

Les livraisons de repas à domicile, OK. C’est ce qu’a annoncé Cédric O, secrétaire d’Etat chargé du Numérique, le 15 mars. Mais qu’en est-il des autres produits : denrées alimentaires non cuisinées, livres, produits high-tech, vêtements… ?

En dépit du confinement ordonné par les autorités depuis mardi midi, pour faire face à l’épidémie de coronavirus, les enseignes de e-commerce continuent de proposer leurs services de livraison. Pour tous les produits ? 20 Minutes s’est posé la question.

Pas de restrictions pour le moment

« Les commerçants en ligne ont tout à fait le droit de continuer à travailler. » Contacté par 20 Minutes, le ministère de l’Intérieur est très clair sur la situation actuelle. Si Cédric O a communiqué sur les sociétés de livraison de repas à domicile, cela ne signifiait pas que les autres entreprises de commerce en ligne devaient arrêter leur activité. Une porte-parole du ministère développe : « Nous avons demandé aux commerces non essentiels de fermer pour éviter les regroupements de personnes, le risque de propagation. Mais pour le moment, il n’est pas question de stopper toute l’économie. » Le ministère précise d’ailleurs qu’aucune restriction d’horaires, de produits ou de zones géographiques n’a été imposée pour le moment.

La Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad) confirme que les enseignes poursuivent toutes leurs activités, à une condition : « Pour se déplacer, les livreurs doivent avoir une attestation professionnelle de leur employeur. » Cette attestation, ponctuelle ou permanente, permet aux employés de livrer tous types de produits.

Preuve que l’activité ne faiblit pas, La Poste indique n’avoir constaté « aucune variation du nombre de colis » depuis les différentes annonces du gouvernement et assure que « 80 % de ses facteurs ont effectué leur tournée », ce mercredi 18 mars.

Sur Internet, presque pas de changements

Du côté des enseignes, même son de cloche. Amazon a annoncé embaucher massivement pour faire face à un boom des commandes. De son côté, le groupe Casino confirme que toutes ses enseignes qui effectuent de la livraison à domicile (Casino, Monoprix, Franprix) continueront à proposer ce service. L’enseigne de commerce en ligne du même groupe Cdiscount a dû arrêter les livraisons en magasins-relais, en raison de la fermeture de beaucoup d’entre eux, mais confirme fournir une attestation à tous ses livreurs et l’exige également de ses prestataires de services, pour poursuivre les livraisons à domicile. L’entreprise confie d’ailleurs qu’un grand nombre de clients se sont équipés récemment d’un ordinateur portable ou d’une imprimante, « sans doute à cause du télétravail ».

Le site Rakuten indique par communiqué continuer son service, hors magasins-relais. Et le président d’Intermarché a lui aussi confirmé, sur la chaîne LCI, que son groupe maintient ses livraisons.

Une porte-parole de la Fevad justifie cette poursuite d’activité : « Il faut que les gens puissent se fournir en matériel pour passer le confinement. Par exemple, selon nos informations, de nombreuses commandes pour les enfants sont passées en ce moment. On a même eu vent d’une forte hausse des ventes de trampolines. »

« Ce n’est pas une raison pour faire du clic à tout-va »

« Attention à ne pas passer la frustration du confinement dans les achats en ligne, alerte-t-on pourtant au ministère de l’Intérieur. Il faut que nos citoyens restent raisonnables. » La porte-parole estime que l’achat de livres ou de jeux, par exemple, peut se comprendre, mais que ce n’est peut-être pas le moment d’acheter des maillots de bain pour cet été : « Il ne faut pas augmenter les flux, sous peine d’augmenter les risques pour les travailleurs. »

Une employée d’un groupe de distribution, qui souhaite rester anonyme, se veut plus vindicative : « Les gens doivent comprendre que, derrière leurs commandes, il y a des travailleurs qui prennent des risques en venant travailler. Ce serait irresponsable de surconsommer. D’autant que les mesures de protection ne sont pas toujours assurées. Le confinement, ce n’est pas une raison pour faire du clic à tout-va. »

Afin de minimiser les risques, la Fevad annonce travailler avec le secrétariat d’Etat chargé du Numérique, le Medef et La Poste pour mettre en place un guide des bonnes pratiques des commandes sur Internet.