Coronavirus à Toulouse : La crise plane sur la croissance de l'aéroport de Blagnac

ECONOMIE Après une hausse en janvier et février, le trafic du début du mois de mars est en baisse à l’aéroport de Toulouse-Blagnac en raison de la crise du coronavirus

Béatrice Colin

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L'aéroport de Toulouse-Blagnac.
L'aéroport de Toulouse-Blagnac. — B. Colin / 20 Minutes
  • L’an dernier, l’aéroport Toulouse-Blagnac a enregistré une stagnation de son trafic (0,1 %) en raison des grèves ou encore du lancement de l’offre TGV OuiGo.
  • Si le trafic était reparti à la hausse en janvier et février, la plateforme enregistre une baisse depuis le début du mois de mars en raison de la crise du coronavirus.
  • La direction de l’aéroport s’attend à être impactée sur les trois prochains mois, des vols ayant déjà été annulés à destination des zones en quarantaine ou des pays où des restrictions ont été mises en place.

Dimanche, un vol Easyjet reliant Porto à Lyon a été dérouté sur l’aéroport Toulouse-Blagnac en raison d’une suspicion de coronavirus chez un passager âgé qui souffrait de difficultés respiratoires. Une alerte levée dans la journée, comme à chaque fois que la procédure a été lancée au sein de l'aéroport Toulouse-Blagnac pour un cas suspect a indiqué ce lundi matin Philippe Crébassa, le président du directoire de la société gestionnaire.

Pour l’instant les autorités n’ont pas demandé aux responsables des plateformes de mettre en place des mesures drastiques, comme le port du masque pour ses salariés. « Nous avons mis en place des mesures d’informations par affichages et dépliants, nous sommes en coordination avec la préfecture pour adapter un plan d’actions », poursuit ce responsable qui dressait un bilan des activités de la plateforme.

L’an dernier, après des années de croissance, l’aéroport a enregistré une stagnation de son trafic avec 9,6 millions de passagers (-0,1 %). L'arrivée d’une offre OuiGo TGV cet été en gare Matabiau, les grèves ou encore les incertitudes autour du Brexit font partie des explications.

Sur les deux premiers mois de l’année, la tendance était à la reprise et les perspectives de développement, notamment avec l’ouverture d’une ligne transatlantique pour Montréal le 5 juin prochain, laissait présager une hausse de la fréquentation. Un bon signal pour Eiffage, nouvel actionnaire qui a racheté les parts au consortium chinois Casil. Mais depuis, la crise autour du coronavirus a fait son apparition.

Trois mois difficiles en perspective

En raison des restrictions prises par certains pays, des vols sont annulés notamment à destination de l’Italie ou encore d’Israël. « Sur les premiers jours de mars, nous avons enregistré une baisse. Nous nous attendons à avoir un impact sur les trois prochains mois. En mars, nous avons déjà plusieurs vols annulés. Il faut faire face à la baisse d’activités tout en assurant la continuité de service pour tous les acteurs de la plateforme », a expliqué Philippe Crébassa.

L’Association internationale du transport aérien (IATA) a déjà chiffré à 100 milliards de dollars les pertes pour les compagnies aériennes. Avec des conséquences déjà immédiates pour certaines d’entre elles, comme la compagnie régionale Flybe, déjà fragilisée, qui a annoncé jeudi la cessation immédiate de ses activités.

Ce mardi, une réunion de l’Union des aéroports français devrait permettre d’en apprendre un peu plus sur les perspectives du trafic aérien et la manière de gérer cette crise sanitaire.