Bordeaux : Bruno Le Maire veut une solution française pour le rachat de Photonis, entreprise stratégique du secteur de la défense

TECHNOLOGIE Le ministre de l'Economie veut que « tout le monde se relève les manches » et notamment Thales pour chercher une « solution industrielle française » à la reprise de Photonis, qui conçoit notamment les lunettes de vision nocturne de l'Armée française

20 Minutes avec AFP
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Photonis est spécialisée dans la technologie de la vision nocturne
Photonis est spécialisée dans la technologie de la vision nocturne — Photonis
  • Basée à Mérignac près de Bordeaux, Photonis est une entreprise stratégique du secteur de la défense, spécialisée dans l'intensification de la lumière.
  • Des négociations exclusives avec l'américain Teledyne sont engagées pour racheter l'entreprise.
  • Bruno Le Maire souhaite toutefois, pour des questions « de protection de nos technologies », qu'un rachat par un ou des industriels français soit trouvé.

Un rachat par Thales plutôt que par un groupe américain ? Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a souhaité mercredi que l’entreprise Photonis, spécialisée dans la photodétection et en passe d’être rachetée par l’américain Teledyne, reste entre des mains françaises.

Basée à Mérignac près de Bordeaux (Gironde), Photonis compte plus de 1.000 salariés et travaille pour les secteurs de l’aéronautique, de la recherche ou encore de la défense. Elle produit notamment des éléments d’intensification de lumière utilisés dans les jumelles de vision nocturne et des instruments utilisés par le Laser mégajoule, site du Commissariat à l’énergie atomique destiné à tester par simulation des explosions nucléaires.

Le ministre souhaite « garantir que les lunettes de vision nocturne restent françaises »

Le fonds Ardian, propriétaire de Photonis, est entré en négociations exclusives avec l’américain Teledyne pour racheter l’entreprise, a indiqué mardi le journal Les Echos. « Il y a cette première option avec une entreprise américaine qui a une très bonne réputation », a reconnu Bruno Le Maire sur BFM Business, même si La Tribune affirme que les ministères de la Défense et de l’Economie ont mis leur veto à cette opération de rachat. Bruno Le Maire souhaite en tout cas « qu’une deuxième solution », à savoir « trouver un repreneur français », soit privilégiée ce qui serait selon lui cohérent avec une « logique de souveraineté, de protection de nos technologies ».

« Je souhaite que tout le monde – pas simplement l’Etat mais aussi les entreprises industrielles – se relève les manches » pour chercher une « solution industrielle française pour reprendre Photonis ». Le ministre souhaite « garantir que les lunettes de vision nocturne qui sont une technologie sensible et qui équipent l’armée française restent françaises ».

Bruno Le Maire demande notamment au groupe Thales d’étudier un rachat de Photonis : « Nous avons une part du capital dans Thales. Je pense qu’il faut engager la discussion pour voir si une reprise est possible. » Sollicité par l’AFP, Thales n’a pas souhaité faire de commentaire.

« Préserver le caractère national des entreprises stratégiques »

En octobre, le délégué général à l’Armement (DGA) Joël Barre avait affirmé aux sénateurs avoir « demandé à deux maîtres d’œuvre compétents en matière d’optronique, Thales et Safran, de se pencher sur le dossier ». Les deux industriels avaient par la suite fait savoir qu’ils n’étaient pas intéressés, selon plusieurs sources proches du dossier.

L’Observatoire de l’intelligence économique français (OIEF), émanation du syndicat représentant les professionnels de l’intelligence économique, a de son côté également appelé mercredi à « préserver le caractère national des entreprises stratégiques comme Photonis ».



« Nous proposons qu’un groupement d’industriels du secteur de la défense de notre pays s’associe à des organismes financiers (la BPI -Banque publique d’investissement- et des fonds d’investissements français) » pour la reprise de Photonis, affirme l’OIEF dans un communiqué publié sur Twitter.