Le G20 sortira le porte-monnaie pour relancer l'économie mondiale

CRISE ECONOMIQUE Les dirigeants des 20 pays les plus puissants se sont réunis ce week-end à Washington...

V.G. (avec agence)

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 Nicolas Sarkozy et George W. Bush au Sommet du G20 le 15 novembre 2008 à Washington.
 Nicolas Sarkozy et George W. Bush au Sommet du G20 le 15 novembre 2008 à Washington. — Jim Young / Reuters

Les dirigeants des grands pays développés et émergents (G20) se sont engagés samedi à relancer l'économie mondiale, menacée par la récession dans les pays riches et d'un net ralentissement ailleurs, tout en lançant une réforme du système financier international.

«Nous sommes d'accord (pour dire) qu'une réponse politique élargie, fondée sur la coopération macro-économique, est nécessaire pour rétablir la croissance», indique la déclaration finale (à télécharger en PDF en cliquant ici) du sommet de Washington. Nicolas Sarkozy s'est réjoui que le G20 soit d'accord sur la «nécessité d'une relance coordonnée, concertée».

Des plans de relance à hauteur de 2% de PIB?

Le G20, dont les membres génèrent 85% du Produit intérieur brut de la planète, a énuméré une série d'«actions immédiates» pour empêcher l'économie mondiale de sombrer dans une récession prolongée, suggérant l'utilisation de «mesures budgétaires pour stimuler la demande interne avec des résultats rapides» ou des baisses des taux d'intérêt dans certains pays.

Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn a indiqué que son institution était favorable à des plans de relance nationaux et coordonnés, dont le montant équivaudrait à 2% du Produit intérieur brut des pays participants.

>> Au fait, c'est quoi le G20? Lire notre décryptage...


A côté des efforts de relance, les dirigeants du G20 ont approuvé un «plan d'action» contenant des mesures «à haute priorité» pour améliorer la supervision du système financier, sur lesquelles leurs ministres des Finances devront faire des propositions d'ici au 31 mars.

Cinq champs d'action en matière financière ont été définis:

  • remise à plat des aspects de la régulation qui exacerbent les crises
  • harmonisation des normes comptables
  • amélioration de la transparence des marchés de produits dérivés
  • révision des pratiques de rémunération des dirigeants de banques pour éviter des prises de risque excessives
  • révision «du mandat, de la gouvernance et des besoins en capitaux des institutions financières internationales»
Pour éviter une répétition de la crise financière, le G20 veut que «tout intervenant, tous les produits et tous les marchés soient réellement soumis à surveillance. Il n'y aura plus de zone d'ombre», selon la chancelière allemande Angela Merkel.

Toutefois, à la satisfaction des Américains très attachés à leur souveraineté, le G20 a souligné que «la régulation relève avant tout de la responsabilité des régulateurs nationaux». Le G20 a cependant recommandé une intensification de la «coopération internationale entre régulateurs» et un renforcement des «normes internationales où cela est nécessaire».

Pas de Bretton Woods II

Comme le souhaitait la France, le G20 met aussi la pression sur les paradis fiscaux, en demandant «à moyen terme» des «mesures pour protéger le système financier mondial des juridictions non coopératives qui présentent un risque d'activité financière illégale».

Les dirigeants ont convenu de se retrouver avant le 30 avril pour «vérifier la mise en oeuvre» des décisions prises à Washington. Nicolas Sarkozy a proposé que ce sommet ait lieu à Londres, la Grande-Bretagne assurant l'an prochain la présidence du G20. Il n'est cependant plus question d'une réforme globale du système financier, sorte de Bretton Woods II, souhaitée par certains pays, dont la France.