Réforme des retraites : Laurent Berger dénonce « l’obstruction du Medef sur la pénibilité »

RETRAITES « Le Medef est en train de tout bloquer » assure le syndicaliste

20 Minutes avec AFP
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Laurent Berger le 13 février 2020 à Matignon.
Laurent Berger le 13 février 2020 à Matignon. — PATRICK GELY/SIPA

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a « dénoncé l’obstruction du Medef sur la pénibilité », que le syndicaliste a qualifiée mardi d'« élément central » de la réforme des retraites.

« Je crois qu’il y a une double obstruction » sur ce projet de loi, celle « qui peut se passer parfois par la voie parlementaire mais il y a aussi une obstruction qui est en cours en ce moment et que je dénonce, c’est celle du Medef sur la question de la pénibilité », a déclaré Laurent Berger sur France Inter.

Mieux reconnaître la pénibilité

Or « la pénibilité, c’est l’élément central », a-t-il estimé. « Le Medef est en train de tout bloquer parce qu’il ne veut pas reconnaître qu’il y a des travailleurs qui sont exposés à des pénibilités fortes et qui en subissent les conséquences en termes d’espérance de vie en bonne santé », a-t-il déploré.

« Des centaines de milliers de travailleurs subissent aujourd’hui dans leur corps des situations pénibles, c’est normal qu’ils puissent partir plus tôt en retraite », a-t-il souligné. Le responsable de la CFDT a plaidé pour « la reconnaissance de la pénibilité sur les critères posturaux, c’est-à-dire le port de charges lourdes, les gestes répétitifs », en souhaitant « des départs anticipés possibles pour les travailleurs qui subissent ces pénibilités ».

« Ce qui m’intéresse, c’est le contenu de ce projet de loi et les propositions que la CFDT a faites » en termes « d’amendements pour améliorer, corriger ce projet de loi », non seulement sur la pénibilité mais aussi sur « les droits familiaux » ou les fonctionnaires, a relevé Laurent Berger.

Le 49-3, un « problème démocratique »

« Si le texte passait en 49-3 tel qu’il est aujourd’hui », ce ne serait « pas un bon texte », ce serait même « désastreux », a-t-il jugé. Un recours au 49-3 empêcherait « le temps de débat nécessaire et d’amendements », notamment ceux portés par la CFDT qui « travaille avec les parlementaires de tous bords », a-t-il dit.

« Si le gouvernement va sur le 49-3, il y a un problème démocratique », a considéré Laurent Berger. « La maturité des acteurs politiques est quand même questionnée », a-t-il ajouté. Lundi, au huitième jour d’examen du projet de loi de réforme des retraites, l’Assemblée nationale a adopté le premier des 65 articles du texte, après 70 heures de débats sur les quelque 2.200 amendements et sous-amendements, déposés principalement par les oppositions, pour cet article fixant les principes généraux du futur système par points.