Problème de prix, produit périmé, litige sur un contrat… La DGCCRF lance la plateforme SignalConso dans toute la France

CONSOMMATION La plateforme vise à simplifier les démarches pour les consommateurs, et le traitement des dossiers pour les inspecteurs

Romarik Le Dourneuf

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Une erreur d'étiquetage peut être signalé sur la plateforme SignalConso
Une erreur d'étiquetage peut être signalé sur la plateforme SignalConso — M.Libert
  • La plateforme SignalConso doit permettre aux consommateurs de signaler toutes malfaçons, erreurs ou problèmes rencontrés dans les commerces et entreprises français.
  • Une version test avait été lancée en mars 2019 en Centre-Val-de-Loire, en Auvergne-Rhône-Alpes et en Occitanie.
  • La plateforme est désormais disponible dans toute la France.

SignalConso, c’est parti dans tout le pays. Ce mardi 18 février, Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances, a officialisé le lancement national de la plateforme de la DGCCRF, après une phase Bêta initiée depuis près d’un an.

Simplifier les démarches de signalement

Disponible sur tous les supports numériques, SignalConso permet aux consommateurs de signaler à l’administration tout manquement à ses obligations par une entreprise, avec la possibilité d’en apporter la preuve par une photographie. Une erreur dans les prix, un problème d’hygiène, une fraude , une malfaçon… Il y a plusieurs types de signalements possibles. L’entreprise peut alors répondre directement, ou bien fournir la preuve à l’administration qu’elle a pris en compte la plainte.

Le site informe également l’internaute de la viabilité ou non de son signalement. Et une fois celui-ci enregistré, le consommateur est tenu informé de la suite du dossier par email.

Tests concluants dans trois régions

D’abord lancée en Centre-Val-de-Loire, en Auvergne-Rhône-Alpes et en Occitanie, SignalConso a donc atteint, au bout d’un an, « le degré de maturité qui permet son déploiement », a déclaré mardi la secrétaire d’Etat. Lors de cette phase test, le site a généré 60.000 visites, lesquelles ont abouti à 3.400 signalements. La DGCCRF estime bonne la réception de la part des entreprises. Parmi celles qui ont fait l’objet d’un signalement, 69 % ont créé un compte pour le lire et 77 % d’entre elles ont apporté une réponse. Un taux qui amène Agnès Pannier-Runacher à considérer SignalConso comme « un outil de relation client ». « La phase de test a abouti à une trentaine de contrôles pour des entreprises dont le signalement était trop souvent répété », précise Virginie Beaumeunier, directrice de la DGCCRF.

Ces signalements ont majoritairement concerné des problèmes de prix, d’hygiène, de produits périmés et des litiges contractuels. Les restaurants et magasins de grande distribution ont été ciblés par la DGCCRF lors de la mise en place du test, d’où leur présence importante parmi les signalements. La DGCCRF mentionne également de nombreux cas constatés dans les secteurs de la téléphonie et des assurances.

Des tests pour anticiper les couacs

La plateforme a été testée en collaboration avec des associations de consommateurs, pour gérer les différents types de demandes et un éventuel afflux. Une source à la DGCCRF explique à 20 Minutes que le test mené sur les trois premières régions a permis d’anticiper de possibles couacs pour ce lancement national, et que les serveurs sont prêts à enregistrer davantage de requêtes.

Et qu’en est-il d’une possible manipulation de SignalConso pour nuire à un commerçant ou un concurrent ? Autrement dit, des dénonciations calomnieuses dans le genre des avis tronqués qu’on peut trouver sur des sites d’avis en ligne. La DGCCRF botte en touche, arguant que ses équipes ont l’expérience pour traiter ces signalements.