Assurance décès ou convention obsèques, quelles sont les différences ?

ARGENT Le secteur de la prévoyance comprend différents produits visant à anticiper les conséquences financières d’un décès

ZP pour 20 Minutes

— 

Des assurances spécifiques vous permettent de protéger votre famille en cas de décès prématuré ou de financer vous-même vos funérailles.
Des assurances spécifiques vous permettent de protéger votre famille en cas de décès prématuré ou de financer vous-même vos funérailles. — IStock / City Presse

En plus d’être une épreuve émotionnelle, un décès peut avoir de lourdes répercussions financières pour les proches. Afin de protéger votre famille et de faire respecter vos dernières volontés, vous pouvez recourir à différents types d’ assurances. Mais attention, chacune a ses objectifs et ses modalités propres.

L’assurance obsèques pour organiser ses funérailles

La convention obsèques, appelée aussi assurance obsèques, est la plus médiatisée. Quelque 4,5 millions de contrats de ce type étaient en effet en cours fin 2017, selon les chiffres de la Fédération française de l’assurance. Ce produit a une mission claire : vous aider à préparer de votre vivant vos futures funérailles. Ceci étant dit, deux formules doivent être distinguées.

La grande majorité des conventions obsèques se bornent à financer tout ou partie de l’inhumation. C’est ce qu’on appelle le contrat « en capital ». En pratique, vos cotisations vont permettre de constituer une cagnotte qui sera revalorisée chaque année par la compagnie d’assurances. Au moment de votre décès, cet argent sera versé au bénéficiaire désigné (un proche ou un opérateur de pompes funèbres) pour payer les frais de vos obsèques.

Vous pouvez sinon opter pour un contrat dit « en prestations ». Outre l’enveloppe financière, cette formule permet une organisation sur-mesure de la future cérémonie avec un opérateur funéraire, depuis le choix du cercueil dans lequel vous souhaitez reposer, jusqu’au texte à inscrire sur votre sépulture. Tout ici est personnalisable et modifiable dans le temps. Bon à savoir : peu importe le nombre d’années de cotisation, c’est de toute façon le montant déterminé dès le départ dans le contrat qui sera alloué à votre décès. Pour éviter de cotiser à fonds perdus, il faut privilégier un mode de versement unique, temporaire (sur une durée choisie) ou bien souscrire ce produit vers 70 ou 75 ans pour cotiser en viager jusqu’à la fin de votre vie.

L’assurance décès pour soutenir ses proches

L’assurance en cas de décès permet elle aussi de prévoir les conséquences financières de votre disparition. Sauf qu’en l’espèce, il s’agit essentiellement d’anticiper un décès prématuré. Le plus souvent, ce type de contrat est ainsi souscrit à l’occasion d’un crédit immobilier sous l’appellation d’assurance emprunteur. L’objectif est alors de couvrir les mensualités de l’emprunt en cas de décès, voire d’invalidité ou de perte d’emploi, selon les garanties contractées. On parle ici d’une assurance temporaire décès puisque la convention arrivera à échéance au terme du remboursement du prêt. Si vous êtes toujours en vie à ce moment-là, vous aurez donc cotisé à fonds perdus.

Il est également possible de recourir à cette couverture en dehors d’un emprunt, afin de sécuriser l’avenir de sa famille ou d’organiser sa succession. En optant pour la garantie « vie entière », la totalité des primes versées iront à vos proches à votre mort et ce, quelle que soit sa date. À eux ensuite d’utiliser la somme comme bon leur semble. Mais attention, une fois l’argent placé sur ce produit, vous ne pourrez le retirer sous aucun prétexte. Pour vous laisser davantage de marge de manœuvre, vous pouvez plutôt passer par une assurance-vie classique que vous pourrez débloquer de votre vivant en cas de besoin et qui sera sinon versée à votre bénéficiaire à votre décès.

Les différences en résumé

Ces produits de prévoyance répondent à des logiques bien différentes pour…

- L’objectif du contrat : l’assurance décès vise à protéger vos proches, tandis que la convention obsèques permet d’organiser et financer vos funérailles.

- Le capital promis : il dépend des cotisations que vous avez versées dans le cas de l’assurance décès, alors qu’il est déterminé dès le départ dans le contrat obsèques.

- La période de souscription : l’assurance décès impose de s’y prendre tôt, d’autant que certaines compagnies refusent l’adhésion au-delà de 65 ans. À l’inverse, la convention obsèques peut être souscrite beaucoup plus tard, jusqu’à 80 voire 85 ans.