Réforme des retraites : Les syndicats toujours fâchés sur la question de la pénibilité

TRAVAIL L'examen des textes relatifs à la réforme des retraites débute à l'Assemblée ce lundi

Catherine Abou El Khair

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Le gouvernement a corrigé plusieurs points dans sa réforme des retraites
Le gouvernement a corrigé plusieurs points dans sa réforme des retraites — Thierry STEFANOPOULOS-POO/SIPA
  • Les députés vont examiner à partir de ce lundi le projet de loi de réforme des retraites.
  • Les discussions menées avec les partenaires sociaux jeudi dernier n'ont pas permis de convaincre les syndicats réformistes.
  • Un point continue de poser problème : la prise en compte de tous les facteurs de pénibilité au travail.

C’est l’un des points sur lesquels ils ne veulent pas lâcher. Alors que le projet de loi de réforme des retraites est examiné à partir de ce lundi dans l'Hémicycle, les syndicats attendent toujours des réponses sur le sujet de la pénibilité. Un texte qui ne comporterait pas « d’éléments sur la pénibilité au travail ne serait pas juste », avertit le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger dans les colonnes du JDD publié ce dimanche. Les personnes occupant un travail pénible « doivent partir plus tôt en retraite », a-t-il insisté.

Sur ce sujet, les syndicats n’ont toujours pas obtenu de concession du gouvernement, malgré les discussions qui se sont poursuivies à Matignon et ont donné lieu à de nouvelles annonces faites jeudi.

Edouard Philippe a annoncé « un véritable droit à la reconversion pour les populations exposées à toutes formes de pénibilité », la généralisation d’une visite médicale systématique à 55 ans et des nouveaux moyens financiers pour aider les entreprises à réduire la pénibilité. Des garanties qui s’adressent à tous les actifs ayant un travail pénible mais aussi en particulier à ceux dont le travail implique des postures pénibles, du port de charges lourdes et des vibrations mécaniques.

Un sujet qui divise toujours syndicats et patronat

Cependant, ces trois critères – ainsi que celui des risques chimiques - ne permettront toujours pas à ces mêmes salariés de partir plus tôt à la retraite en acquérant des points dans leur compte personnel de prévention (C2P). Cette possibilité a été supprimée en 2017 par l’actuel gouvernement, qui refuse de revenir sur cette décision. Le gouvernement se contente pour le moment d’annoncer la poursuite du « dialogue » sur un sujet qui n’en finit pas, pourtant, d’opposer les partenaires sociaux. Les patrons estiment en effet qu’il est difficile de mesurer de manière individuelle la pénibilité « ergonomique », contrairement à d’autres facteurs aujourd’hui reconnus comme le travail de nuit. Un argument réfuté par les syndicats.

Cette non-réponse inquiète les organisations syndicales, en bataille sur ce sujet depuis plusieurs semaines. « Le Medef est d’accord pour faire de la prévention de la pénibilité et de la reconversion. Mais pour pas réparer les dégâts », a dénoncé Laurent Berger dans le JDD. « On a l’impression que le gouvernement veut balayer les situations actuelles de pénibilité », ajoute Pascale Coton, vice-présidente de la CFTC. La syndicaliste craint en particulier qu’en cas d’échec de la conférence de financement qui se tient jusqu’en avril, certains salariés subissant des conditions de travail pénibles non reconnues soient obligés de travailler plus longtemps que ce qui était prévu. Le gouvernement se réserve toujours la possibilité d'instaurer un âge-pivot dès 2022 afin d’équilibrer les finances du système de retraites. D’où l’inquiétude persistante des syndicats.