Airbus : L’avionneur européen regrette « profondément » la hausse des taxes punitives par les Etats-Unis

COMMERCE Airbus a réagi ce samedi à la hausse des taxes aériennes décidée vendredi par les Etats-Unis, qui vont passer de 10 à 15 %

20 Minutes avec AFP

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Un Airbus A330 en démonstration lors du salon aéronautique du Bourget, le 17 juin 2019.
Un Airbus A330 en démonstration lors du salon aéronautique du Bourget, le 17 juin 2019. — Chine Nouvelle / Sipa
  • Vendredi, les Etats-Unis ont annoncé que les taxes aériennes imposées aux avions Airbus importés d’Europe, allaient être relevées de 10 à 15 %.
  • Pour l’avionneur européen, cette décision va encore accroître les tensions commerciales des deux côtés de l’Atlantique.

La réponse n’a pas traîné. Vendredi, les Etats-Unis ont annoncé qu’ils allaient relever de 10 % à 15 % les taxes aériennes imposées aux avions Airbus importés d’Europe. Cette mesure punitive, qui doit prendre effet le 18 mars, vient s’ajouter aux tarifs douaniers déjà imposés à 7,5 milliards de dollars de produits européens en octobre dernier. Ce samedi, le groupe aéronautique européen a dit regretter « profondément » cette hausse et a estimé qu’elle ne fait qu'« accroître les tensions commerciales entre l’Europe et les Etats-Unis ».

« La décision américaine crée plus d’instabilité pour les compagnies aériennes américaines qui souffrent déjà d’une pénurie d’appareils », a affirmé Airbus dans un communiqué. « Elle ignore également les observations des compagnies américaines qui soulignaient le fait qu’elles seraient celles qui, au final, payeraient ces tarifs. »

A l’origine, Washington avait pris cette mesure en représailles contre les subventions reçues par le constructeur aéronautique européen, jugées indues par l’Organisation mondiale du commerce (OMC). D’autres produits, comme le vin, le fromage, le café et les olives, sont taxés à hauteur de 25 % depuis cette date.

L’usine américaine de Mobile pas concernée

Si les taxes infligées à l’avionneur européen s’appliquent aux appareils terminés livrés aux Etats-Unis, elles ne concernent pas les pièces envoyées à son usine américaine de Mobile (Alabama), où Airbus produit quelques appareils par mois.

En octobre, Delta Air Lines, compagnie américaine cliente d’Airbus, avait déploré ces sanctions, estimant que les tarifs douaniers allaient causer de « graves préjudices aux compagnies aériennes américaines, aux millions d’Américains qu’elles emploient et aux voyageurs ».

« Airbus va continuer ses échanges avec ses clients américains et travailler avec eux afin d’atténuer autant que possible les effets de ces hausses », ajoute l’avionneur dans son communiqué, ajoutant « espérer que la position du Trésor américain évoluera, en particulier lorsque l’OMC autorisera l’UE à imposer à son tour des taxes sur les appareils Boeing ».

Un conflit commercial vieux de 15 ans

Le conflit entre les deux puissances commerciales dure depuis 15 ans et concerne les subventions accordées à leur avionneur respectif. Si l’OMC a d’ores et déjà autorisé les Etats-Unis à appliquer des mesures de représailles, une décision similaire est attendue pour l’Union européenne au printemps.

« Il ne faut pas trop s’émouvoir de ça, les avions qu’on vend aux Etats-Unis sont pratiquement tous fabriqués sur le sol étasunien, on a pas mal contourné l’effet dévastateur que ça aurait pu avoir autrement », a déclaré à l’AFP un représentant de FO, premier syndicat chez Airbus.