Deliveroo : Pour la Saint-Valentin, un collectif de livreurs appelle au boycott

A DOMICILE Un collectif demande aux clients de s’abstenir de commander un repas en amoureux. Une façon de protester contre la précarisation des travailleurs des plateformes de livraison

20 Minutes avec AFP

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Un livreur Deliveroo à Strasbourg en 2016 (illustration).
Un livreur Deliveroo à Strasbourg en 2016 (illustration). — Bruno Poussard / 20 Minutes

Pour la Saint-Valentin ce vendredi, préférez mitonner de petits plats en amoureux plutôt que les commander ! Le Clap (collectif de livreurs autonomes parisiens) appelle au boycott de la plateforme de livraison de repas Deliveroo à partir de vendredi, jour de la Saint-Valentin et donc de forte demande, « jusqu’à ce que nous obtenions des réponses concrètes à nos revendications ».

Le Clap, un collectif créé fin 2017 en réponse à la précarisation croissante des travailleurs des grandes plateformes de livraisons de repas, a également annoncé sa transformation en syndicat, dans le but d’assurer la représentation des livreurs à travers un processus électoral.

Blocage des cuisines parisiennes

Le boycott vise à réclamer des « réponses concrètes sur la tarification, les distances des courses et la mise en place d’instances de dialogue », a précisé son porte-parole, Jérôme Pimot. Selon lui, cet appel « national » est relayé par des collectifs à Marseille et Bordeaux. A Paris, le Clap a l’intention de bloquer les cuisines de Deliveroo à Saint-Ouen vendredi.

« Nous avons eu une réunion avec 3 responsables de Deliveroo la semaine dernière, et en deux heures et demi, aucun résultat », souligne Jérôme Pimot, qui parle de « dialogue de sourds ». De son côté, Deliveroo dit avoir mis en place un « forum des livreurs » constitué de représentants élus. Le Clap conteste la représentativité de ce forum, « dont nous n’avons jamais réussi à obtenir les modalités, le nombre d’électeurs ou quoi que ce soit ».

De contrat de prestation de service en contrat de travail

Le Clap défend la mise en œuvre de véritables instances de dialogue, un tarif « décent » qui comprenne « une prise en charge minimum de cinq euros, une couverture sociale et la prise en compte des frais assumés par les livreurs, soit 25 à 30 euros de l’heure ».

Le collectif soutient aussi les actions des livreurs qui réclament la requalification de leur contrat en salariat et a présenté comme « une victoire » la condamnation jeudi dernier de Deliveroo pour travail dissimulé par un juge départiteur des Prud’hommes, une première en France.

Les plates-formes Frichti et Stuart également visées

Ce livreur à vélo ayant travaillé six mois pour Deliveroo à partir de 2015 demandait la requalification de son contrat de prestation de service en contrat de travail. « Cela a été un très long combat, engagé en 2016 », a indiqué son avocat Kevin Mention, présent à la conférence de presse. Le même avocat instruit plusieurs dizaines de cas similaires, contre Deliveroo, Frichti et Stuart.

« Nous allons examiner cette décision et éventuellement faire appel » a indiqué Deliveroo France à l’AFP. « Le modèle de Deliveroo a été confirmé à plusieurs reprises, y compris par la Cour d’appel en France, qui a confirmé que la société offre aux livreurs un travail indépendant », ajoute un porte-parole.