Pays-de-la-Loire : Le chômage est au plus bas mais des points noirs résistent

ECONOMIE L'embellie économique de la région ne profite pas à tous les secteurs, ni à tous les profils

Frédéric Brenon

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Alain Mauny, directeur régional de Pôle emploi en Pays-de-la-Loire.
Alain Mauny, directeur régional de Pôle emploi en Pays-de-la-Loire. — F.Brenon/20Minutes
  • La région Pays-de-la-Loire bénéficie d’un des taux de chômage les plus bas de France.
  • Certaines professions souffrent encore du chômage.
  • Les habitants des quartiers populaires et, surtout, les personnes isolées restent désavantagés face à l’emploi.

La région Pays-de-la-Loire se porte bien sur le plan économique. Tous les secteurs d’activité affichent des résultats en croissance, selon l’enquête annuelle dévoilée par la Banque de France mercredi. Cela se ressent sur l’emploi puisque les Pays-de-la-Loire affichent le deuxième plus bas taux de chômage des régions françaises (7,2 % contre 8,6 % en moyenne nationale). Pour autant, des points noirs demeurent. Quels sont-ils ?

Des situations géographiques inégales

Si le département de la Mayenne affiche un taux de chômage insolent (5,5 %), la situation est moins rose pour la Sarthe (8,4 %) et, à un degré moindre, le Maine-et-Loire (7,8 %). A y regarder de plus près, le chômage demeure aussi élevé que la moyenne nationale dans les bassins de Saumur (9 %), d’ Angers (8,7 %), de La Flèche (8,6 %) et du Mans (8,5 %). Même constat autour des Sables d’Olonne (8,2 %) même si la situation évolue l’été avec l’arrivée des emplois saisonniers. A l’inverse, les territoires d’Ancenis (5,2 %) ou des Herbiers (4,4 %) flirtent depuis plusieurs mois avec le plein emploi.

Des métiers qui recrutent peu

Si le secteur des services marchands, notamment le numérique et l’ingénierie, a profité de l’embellie économique pour fortement recruter, d’autres domaines ne peuvent pas en dire autant. C’est le cas du bâtiment et des travaux publics, lesquels, malgré une augmentation de 3,5 % des chiffres d’affaires au niveau régional en 2019, ont vu leurs effectifs diminuer. L’emploi dans les métiers de l’agroalimentaire et du commerce de détail est stable. Les métiers de l’information-communication, de la biologie, de la justice sont également confrontés à un chômage qui reste relativement important. A l’inverse, d’autres secteurs ont des besoins importants mais peinent à trouver des candidats, notamment les services à la personne, l’hôtellerie-restauration, la métallurgie ou les transports scolaires.

La discrimination dans les quartiers

Le chômage dans les quartiers populaires est plus élevé, en moyenne 2,5 fois, que dans les autres quartiers, indique Pôle emploi. Et pas seulement en raison du niveau de diplômes de ses habitants. « Il y a des discriminations qui existent, confirme Alain Mauny, directeur régional de Pôle emploi. On ne peut pas l’accepter. Les entreprises doivent s’ouvrir davantage. » Voilà pourquoi, après les campagnes de recrutement sans CV, l’Etat encourage les « emplois francs ». Concrètement, une aide financière (15.000 euros pour un CDI, 2.500 euros par an pour un CDD de plus de six mois) est accordée à la société qui embauche un demandeur d’emploi résidant dans un quartier prioritaire de la politique de la ville. Quelque 442 emplois francs ont ainsi été signés l’an passé dans la région. L’objectif est de « doubler » ce chiffre en 2020.

Les personnes isolées de l’emploi

C’est « l’un des défis majeurs » de Pôle emploi. Comment permettre le retour à l’emploi de personnes isolées ? « En parallèle de la baisse du chômage, on a des gens qui sont de plus en plus éloignés du monde du travail. Ce sont des personnes qui souffrent de problèmes de santé, de famille, d’addiction, de logement parfois. Elles perdent confiance et ne cherchent même plus », explique Alain Mauny. Pôle emploi met donc en place un accompagnement personnalisé, en lien avec les référents sociaux. Près de 9.000 demandeurs d’emploi ont bénéficié du dispositif en Pays-de-la-Loire depuis 2018. L’objectif est d’en accompagner 4.000 supplémentaires en 2020. « Chaque cas est différent. C’est très prenant pour nos conseillers », estime le directeur de Pôle emploi.

Une croissance « modérée » en 2020 ?

Cette année, les chefs d’entreprise des Pays-de-la-Loire anticipent une croissance de leur activité mais de manière « modérée », affirme l’enquête de la Banque de France. La raison de leur prudence ? Un environnement international empreint d’aléas (Brexit, coronavirus, élection présidentielle américaine…).