Carrefour, Système U et Intermarché écopent d’une amende pour irrégularités lors des négociations commerciales

DISTRIBUTION Les trois grands distributeurs ont écopé d’une lourde amende pour « non-respect des règles » lors des négociations commerciales 2019

Marie De Fournas

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Dans le cadre de la loi Alimentation, Carrefour, Système U et Intermarché, ont écopé d'un total de plus de 4 millions d'euros d'amendes administratives, pour
Dans le cadre de la loi Alimentation, Carrefour, Système U et Intermarché, ont écopé d'un total de plus de 4 millions d'euros d'amendes administratives, pour — Pascal GUYOT / AFP

Premières sanctions depuis l’application de « loi Alimentation ».  Carrefour, Système U et Intermarché ont reçu à eux trois une amende administrative de plus de 4 millions d’euros pour irrégularités lors des négociations commerciales avec les fournisseurs de l’agroalimentaire.

C’est Carrefour qui a été le plus lourdement sanctionné avec une amende de 2,93 millions d’euros. Système U a écopé de 1,14 million d'euros et Intermarché de 211.000 €, a précisé la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Des retards dans la signature des conventions annuelles

« La règle fixant une date butoir au 1er mars pour la signature des conventions annuelles n’avait pas été respectée pour un nombre significatif de fournisseurs », précise la DGCCRF. « Le montant des sanctions est proportionné au nombre et à l’importance des retards, ainsi qu’au chiffre d’affaires prévisionnel concerné ».

Les négociations commerciales entre distributeurs, agriculteurs et industriels, se tiennent de la mi-octobre jusqu’à fin février et doivent établir les prix des produits mis en rayons pendant l’année à venir. Or, « le fait de ne pas avoir signé la convention dans les délais impartis est susceptible de renforcer le rapport de force en faveur du distributeur », note l’administration, qui revendique quelque « 5.500 contrôles sur l’application des nouvelles règles encadrant les promotions », prévues dans le cadre de la loi Egalim, ou « loi Alimentation ».

Sortir d’un effet domino

Promulguée en octobre 2018, cette loi vise notamment à sortir d’un effet domino causé par la guerre des prix entre les quatre grands de la distribution en France. Lors des négociations, ces derniers réclament des tarifs toujours plus bas aux fournisseurs de l’industrie agroalimentaire, qui à leur tour achètent le moins cher possible la matière première agricole auprès des paysans.

Il y a un an, le gouvernement avait insisté sur « la persistance de pratiques très contestables », notamment dans la grande distribution, à l’occasion des négociations commerciales. Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire avait alors averti que Bercy s’assurerait de la « rigueur des contrôles menés » chez les distributeurs, et avait appelé à « sanctionner les manquements ».

Les acteurs joueront-ils le jeu de la réforme ?

« Les négociations qui s’achèveront au 1er mars 2020 seront, plus encore que les précédentes, un indicateur de la volonté des acteurs de jouer le jeu de la réforme », a pour sa part averti la DGCCRF dans son communiqué. En octobre dernier, la loi Egalim avait été durement critiqué par l’association de consommateurs UFC-Que Choisir et par la Confédération paysanne, qui estimaient qu’un an après son entrée en vigueur, « le rééquilibrage des négociations commerciales tant attendu par les agriculteurs et promu par la loi n'(avait) pas eu lieu ».

Joint par l’AFP, le groupe Carrefour n’a pas été en mesure de réagir dans l’immédiat. Les groupes Système U et Intermarché n’ont pu être joints.