Engie : Conseil d’administration jeudi pour décider de l’avenir de la directrice générale

PATRONNE Isabelle Kocher est la seule femme dirigeante d’une entreprise du CAC 40

20 Minutes avec AFP

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Isabelle Kocher est la directrice générale d'Engie. (archives)
Isabelle Kocher est la directrice générale d'Engie. (archives) — Jacques Witt/SIPA

Le calendrier s’accélère chez Engie : le non-renouvellement de la directrice générale Isabelle Kocher pourrait être décidé dès jeudi par un conseil d’administration qui lui est majoritairement hostile, malgré les soutiens politiques exprimés depuis quelques jours. Le sort de la seule femme à la tête d’une grande entreprise du CAC 40 devait initialement être tranché lors d’un conseil d’administration prévu le 26 février. Mais une réunion extraordinaire est convoquée dès ce jeudi ce qui pourrait mettre fin à un feuilleton qui déstabilise le géant de l’énergie depuis des mois.

Le départ d’Isabelle Kocher est probable dans la mesure où elle fait face à l’hostilité d’une majorité d’administrateurs, a précisé l’une de ces sources proches du dossier. Les administrateurs indépendants siégeant au conseil ne lui sont pas favorables, a précisé une autre source, évoquant un « problème de confiance » avec la dirigeante. L’Etat, actionnaire à hauteur de près de 24 % du groupe d’énergie, est aussi présent au conseil avec plusieurs représentants et sa voix pourra ainsi être déterminante. Le gouvernement n’a pour l’instant pas encore pris position publiquement mais s’est bien gardé de soutenir Isabelle Kocher explicitement.

Un soutien politique mais pas que

« Si ce point est à l’ordre du jour, la décision des représentants sera donnée avec primeur aux membres du conseil d’administration dans le respect bien entendu de la gouvernance », a seulement indiqué Sibeth Ndiaye, la porte-parole du gouvernement. La décision sera prise « uniquement et exclusivement au regard de (…) critères économiques », a assuré mardi le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire.

L’avenir d’Isabelle Kocher, qui figure en bonne position parmi les femmes les plus puissantes du monde selon Forbes, fait l’objet de rumeurs récurrentes depuis des mois. « Une campagne de presse », regrette l’intéressée. « Je suis très motivée pour poursuivre ma mission », a-t-elle déclaré au Journal du Dimanche. Dans une tribune publiée par Les Echos, des responsables politiques (Yannick Jadot, Xavier Bertrand, Anne Hidalgo, Cédric Villani, etc.) et du milieu des affaires (Frédéric Mazzella, Clara Gaymard, etc.) ont plaidé pour son renouvellement, saluant notamment « sa formidable réussite » sur la question de la transition énergétique.

Profonde transformation

L’ex-GDF Suez est engagé dans une profonde transformation depuis des années, avec un accent mis sur trois activités principales : les services énergétiques, l’électricité d’origine renouvelable ainsi que les infrastructures gazières. Héritage du passé, le groupe est encore présent dans le nucléaire en Belgique et un peu dans le charbon, mais cherche à se désengager de cette dernière activité, très polluante. Isabelle Kocher a aussi ces derniers mois défendu son bilan financier, arguant que le virage stratégique avait permis de renouer avec la croissance et que le cours de Bourse avait commencé à rebondir.

Derrière son cas personnel se pose encore l’avenir de l’entreprise, au moment où l’Etat s’est donné la possibilité de baisser sa participation au capital, dans le cadre de la loi Pacte. L’hypothèse d’une vente des infrastructures gazières a été évoquée avant d’être démentie par le président d’Engie, Jean-Pierre Clamadieu. Isabelle Kocher s’était d’ailleurs portée garante de l’unité du groupe. « Démanteler et vendre Engie par appartements, non », avait-elle réagi il y a quelques mois.