Renault : Luca de Meo nommé directeur général à partir du 1er juillet

AUTOMOBILE De nombreux chantiers attendent cet expert en marketing passé par Audi et Seat

20 Minutes avec AFP

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Luca de Meo, le 26 juin 2017 à Barcelone en Espagne.
Luca de Meo, le 26 juin 2017 à Barcelone en Espagne. — LLUIS GENE / AFP

L’ancien patron de Seat nommé à la tête de Renault. L’Italien Luca de Meo, 52 ans, a été choisi comme directeur général par le conseil d’administration du groupe. Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a salué une décision destinée à « relancer » l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, mise à mal après plus d’un an de crise déclenchée par l' affaire Carlos Ghosn.

Luca de Meo prendra ses fonctions à compter du 1er juillet seulement car il est lié à Seat/Volkswagen par une clause de non-concurrence. La directrice financière, Clotilde Delbos, qui assurait la direction générale par intérim depuis le mois d’octobre, a par ailleurs été nommée directrice générale adjointe, à compter de la même date.

Artisan du retour en grâce de Seat

De gros chantiers attendent Luca de Meo, dirigeant polyglotte et parfaitement francophone. Le président du conseil d’administration, Jean-Dominique Senard, compte sur lui pour donner un nouveau souffle à une entreprise ébranlée par les soubresauts de l’affaire Carlos Ghosn, l’ancien patron du groupe arrivé clandestinement fin décembre au Liban pour fuir la justice japonaise, qui devait le juger pour diverses malversations.

Cet expert en marketing, qui a fait toute sa carrière dans l’automobile, a redressé Seat dont il avait pris la direction en 2015 après avoir piloté les ventes du constructeur allemand Audi. La marque espagnole, moribonde il y a quatre ans, a battu l’an dernier un record historique de ventes.

Les administrateurs de Renault avaient décidé en octobre de démettre de ses fonctions le directeur général Thierry Bolloré, dont les performances et le style de management, réputé autoritaire, étaient mis en cause.

Des défis à venir pour la voiture

Luca de Meo devra notamment redresser en Europe l’activité de la marque au losange qui doit monter en gamme pour se distinguer davantage de sa filiale roumaine « low-cost » Dacia. Renault est par ailleurs au plus mal en bourse. L’action a perdu plus de la moitié de sa valeur depuis l’arrestation de Carlos Ghosn en novembre 2018, signe de la défiance des investisseurs après une année de crise entre le constructeur français et son allié Nissan.

Jean-Dominique Senard, qui a pris les commandes de Renault en pleine tempête l’an dernier, tente de convaincre qu’une refondation du partenariat franco-japonais est engagée alors que la rumeur d’un possible divorce a circulé. La santé de la coopération avec Nissan, dont Renault détient 44 % et qui détient en retour 15 % de Renault, est jugée cruciale pour la capacité du constructeur français à affronter les bouleversements technologiques en cours dans l’industrie automobile. L’électrification, les fonctions de conduite autonome et la connectivité des véhicules nécessitent des investissements massifs et donc une taille critique pour pouvoir les amortir sur de longues séries.

Avec Mitsubishi, dont Nissan détient 34 %, l’alliance franco-japonaise se hisse au troisième rang mondial des constructeurs automobiles par les volumes vendus, derrière l’allemand Volkswagen et le japonais Toyota, mais avec une rentabilité bien moindre, faute jusqu’ici de synergies suffisantes. « 80 % de cette alliance est devant nous et pas derrière », a récemment affirmé Jean-Dominique Senard, alors qu’un renouvellement des équipes de direction a été effectué chez Renault comme chez Nissan. Une réunion des dirigeants de l’alliance est prévue jeudi au siège du constructeur japonais, à Yokohama. Des décisions sont attendues sur des projets concrets comme le développement de véhicules en commun.