Amiens : Plus de 800 anciens salariés de l'usine Goodyear de retour aux prud’hommes

Justice Les anciens salariés de l’usine de pneus contestent le motif économique de leur licenciement survenu en 2014

C.C. avec AFP

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L'ancien leader CGT Mickael Wamen, avant l'audience des prud'hommes concernant Goodyear, le 28 janvier 2020.
L'ancien leader CGT Mickael Wamen, avant l'audience des prud'hommes concernant Goodyear, le 28 janvier 2020. — AFP
  • Plus de 800 salariés de l’usine de pneus Goodyear d’Amiens-Nord étaient de retour, ce mardi, devant le conseil des Prud’hommes.
  • Ils contestent leur licenciement survenu en 2014.
  • L’indemnisation demandée par les ex-salariés s’élève à une hauteur de deux à quatre ans de salaire.

« La justice est longue », mais « nous l’obtiendrons. » Plus de 800 ex-salariés de l’usine de pneus Goodyear d’Amiens-Nord étaient de retour, ce mardi, devant le conseil des Prud’hommes pour contester leur licenciement survenu en 2014, selon l’AFP.

Sur le parking du palais des congrès d’Amiens, où est délocalisée cette audience hors norme, l’ex-leader de la CGT de l’usine, Mickaël Wamen, s’est adressé aux anciens salariés : « La fermeture de notre usine, sa délocalisation et notre chômage de longue durée ne portent qu’un seul nom : la finance ! »

Un bras de fer de plus de six ans

Dès 8 heures, plusieurs centaines d’ex-Goodyear s’étaient rassemblées réclamant « justice pour les 832 anciens salariés ». Ils ont été rejoints par les ouvriers de l’usine Cargill d’Haubourdin, dans le Nord, où un plan social est en préparation. Etaient également présents des agents du centre hospitalier de Lille ainsi que les députés de la Somme, François Ruffin, et de la Seine-Saint-Denis, Eric Coquerel (LFI).

Spécialisée dans la fabrication de pneus agricoles, l’usine Goodyear d’Amiens-Nord avait fermé en janvier 2014, après un bras de fer de plus de six ans entre le personnel et la direction. Cette fermeture avait entraîné la disparition de 1.143 emplois et fait de l’entreprise un symbole de la désindustrialisation des bastions ouvriers.

La première audience, le 4 octobre 2018, avait été suivie par 400 à 500 personnes. Mais les quatre conseillers prud’homaux, juges non-professionnels représentant à parts égales salariés et employeurs, n’avaient pas réussi à se départager.

Une indemnisation demandée pour un licenciement « sans cause réelle »

Les tensions sont encore vives entre les deux parties. « Goodyear se fout de la gueule du monde. En 2014, le groupe a fait 2,5 milliards d’euros de résultat net, (…) et ils viennent nous dire que c’est pour motif économique qu’ils ont licencié 1.143 personnes » s’est exclamé François Ruffin.

De leur côté, les trois avocats de la direction avaient mis en avant les difficultés de l’usine « extrêmement déficitaire » depuis 2007. Difficultés qui furent aggravées par la « crise sévère » de 2009. Selon la défense de la direction, la dette nette du groupe était de 5,267 milliards de dollars au moment de la fermeture.

Une nouvelle fois, les 832 ex-salariés sont venus réclamer une indemnisation au motif principalement « que leur licenciement serait sans cause réelle et sérieuse » mais aussi « pour le préjudice subi du fait du manquement de l’employeur à son obligation de fournir du travail ». L’indemnisation demandée s’élève à une hauteur de deux à quatre ans de salaire.