Réforme des retraites : Les salariés du commerce manifestent à Paris

MANIF CONTRE MANIF Dans un secteur où les bas salaires sont légion et les temps partiels subis la règle, ils et elles craignent la réforme des retraites

20 Minutes avec AFP

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Solde sur les retraites ? (illustration)
Solde sur les retraites ? (illustration) — JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

Plusieurs centaines de salariés du commerce et des services ont manifesté mercredi à Paris de la gare Saint-Lazare à l’Opéra contre une réforme des retraites dans laquelle ils seront « tous perdants » selon Amar Lagha, secrétaire général de la CGT Commerce. « On a 80 % de femmes dans la distribution et beaucoup sont à temps partiel imposé et gagnent entre 600 ou 800 euros par mois. Le calcul de la retraite sur l’ensemble de la carrière va les pénaliser, car elles passent souvent à temps plein seulement en fin de carrière », explique-t-il.

Martine, vendeuse chez Damart, gagne 800 euros par mois pour vingt-quatre heures par semaine et s’interroge sur sa retraite : « Le gouvernement nous parle d’une retraite minimum à 1.000 euros mais c’est pour une carrière complète, pas pour les temps partiels comme nous », dit-elle. « Je n’ai pas choisi le temps partiel, j’étais au chômage depuis un an et j’ai pris ce que j’ai trouvé », dit-elle.

Les bas salaires sont la règle

Vilma, également vendeuse, a élevé ses enfants et n’a travaillé qu’à partir de 40 ans, elle s’attend à une pension minuscule et craint que les nouvelles règles sur la réversion, en cas de décès du mari, ne la désavantagent au profit de la nouvelle épouse. « Je suis perdante dans tous les cas de figure », craint-elle. Beaucoup de salariés du textile (Pimkie, Camaïeu, Promod, Jacadi, Okaidi, etc.) sont venus de Roubaix comme Peggy, salariée chez Happychic où un PSE de 466 suppressions de postes est en cours.

La restauration collective (Compass, Sodexo) et le secteur de la sécurité sont aussi très représentés dans la manifestation, avec beaucoup de temps partiels et de très petits salaires. Josselin et Ridwan, agents de sécurité, estiment que « le calcul sur la carrière complète sera une catastrophe » dans un secteur où les bas salaires sont la règle. « J’ai rencontré un collègue de Securitas qui dormait sous la tente faute de logement. Se loger à Paris quand on gagne à peine plus de 1.000 euros par mois, c’est impossible », dit Josselin.