Boeing n'attend pas de remise en service du 737 MAX avant mi-2020

PLOMB DANS L'AILE L’annonce de ce report a conduit à la suspension temporaire de l’action de Boeing dans la soirée

20 Minutes avec AFP

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(Illustration) Des Boeing 737 MAX de Southwest Airlines sont stationnés sur le tarmac après avoir été immobilisés, à l'aéroport de Southern California Logistics à Victorville, en Californie, en mars 2019.
(Illustration) Des Boeing 737 MAX de Southwest Airlines sont stationnés sur le tarmac après avoir été immobilisés, à l'aéroport de Southern California Logistics à Victorville, en Californie, en mars 2019. — AFP

Le Boeing 737 MAX ne revolera pas avant mi-2020, a annoncé ce mardi l’avionneur américain, soit avec plusieurs mois de retard sur ses propres espoirs et les prévisions les plus optimistes des experts.

« Nous sommes en train d’informer nos clients et nos sous-traitants que nous estimons actuellement que la levée de l’interdiction du 737 MAX ne commencera qu’à partir de mi-2020 », a déclaré le géant de Seattle (ouest) dans un communiqué, confirmant une information de l’AFP.

Priorité à la sécurité

Un peu plus tôt, une source aéronautique avait indiqué sous couvert de l’anonymat que le MAX pourrait ne pas revoler avant juin, voire juillet. Ce report n’était pas dû, selon elle, à un « nouveau problème », mais aux risques attachés à la procédure d’approbation par les autorités de l’aviation civile et de possibles nouveaux développements dans cette crise, a expliqué un peu plus tard Boeing.

« C’est aussi à cause de l’examen rigoureux que les autorités de l’aviation civile appliquent, et avec raison, à chaque étape de l’inspection » de l’avion, a souligné le constructeur aéronautique. L’agence fédérale de l’aviation (FAA) a fait savoir qu’elle n’avait pas encore fixé de calendrier : « La priorité de la FAA est la sécurité », a expliqué le régulateur aérien, dans un communiqué.

Boeing avait initialement espéré une remise en service du MAX en « quelques semaines » après l’immobilisation au sol mais avait dû abandonner son optimisme face aux rappels à l’ordre des régulateurs. Il espérait encore récemment que son avion vedette revolerait fin février-début mars.

Inquiétudes en bourse et dans l’industrie

Les premières informations sur la prolongation de l’interdiction de vol du MAX ont fait chuter de plus de 5 % l’action Boeing et conduit à sa suspension temporaire vers 19h12 GMT à Wall Street. Quand la cotation a repris une quarantaine de minutes plus tard, le titre était toujours en baisse, de 4,75 % vers 20h06 GMT.

Cette annonce est un véritable casse-tête pour les compagnies aériennes puisqu’elles ne pourront pas compter sur le MAX en pleine saison des grands déplacements d’été. Une fois l’interdiction de vol levée, il faut au moins un à deux mois aux compagnies pour préparer les avions et s’assurer qu’ils fonctionnent normalement, ont-elles déjà prévenu. American Airlines, United et Southwest avaient annulé les vols sur le MAX jusqu’à début juin, et devraient par conséquent revoir ce calendrier.

346 morts et 9,2 milliards de dollars de facture

Le 737 MAX, avion phare de Boeing, est cloué au sol depuis le 13 mars après deux accidents rapprochés ayant fait 346 morts. Le système anti-décrochage MCAS a été mis en cause et Boeing travaille actuellement sur des changements exigés par les régulateurs. D'autres problèmes, dont un portant sur la pièce vérifiant le bon fonctionnement de ce logiciel au démarrage, ont été détectés et la formation adéquate pour les pilotes n’a toujours pas été décidée.

Boeing, qui avait initialement espéré une remise en service en « quelques semaines » après l’immobilisation au sol, a dû suspendre les livraisons et la production du MAX. La facture s’élève actuellement à 9,2 milliards de dollars mais devrait grimper, estiment les analystes financiers, qui évaluent à un milliard de dollars par jour le manque à gagner.

L’avionneur cherche actuellement à emprunter au moins dix milliards de dollars pour faire face à l’explosion des coûts, dont l’indemnisation des compagnies aériennes et des sous-traitants ainsi qu’à la compensation des familles des victimes.