Strasbourg : Atmo-Risk, la start-up qui fait concurrence à Météo-France en Alsace

START-UP Depuis 2013, le site Atmo-Risk délivre des prévisions à court terme et en temps réels pour la région en privilégiant l'humain et la proximité 

Nils Wilcke

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Atmo-Risk, la start-up météo qui monte en Alsace.
Atmo-Risk, la start-up météo qui monte en Alsace. — Document remis/Atmo-Risk
  • Depuis 2013, le site Atmo-Risk délivre des prévisions météorologiques à court terme et en temps réels pour la région. 
  • Son point fort? Remettre de l'humain et de la proximité alors que la tendance est à l'automatisation des prévisions. 
  • Fort de plus de 30.000 abonnées sur sa page Facebook, Atmo-Risk propose aussi un abonnement aux professionnels. Agriculteurs, viticulteurs mais organismes publics font appel à ses services. 

Si vous habitez en Alsace, vous l’avez peut-être aperçu sur les réseaux sociaux. Depuis 2013, le site Atmo-Risk délivre des prévisions à court terme et en temps réels pour la région. Au point de concurrencer le géant Météo France.

Son point fort ? « L’expertise humaine, explique à 20 Minutes Christophe Mertz, l’un de ses co-fondateurs. Météo France a une expertise et des capacités hors norme mais à tendance à automatiser son travail. Nous avons remis de l’humain dans la météo ».

« Je reçois des réponses personnalisées »

Un choix qui plaît au public, à en croire l’excellente note de 4,9 sur 5 des internautes sur Facebook. La page du site alsacien compte plus de 30.000 abonnés à ce jour. C’est pour ce facteur humain que Christophe Diss, agriculteur à Landersheim, une commune située à une vingtaine de kilomètres à Strasbourg, utilise Atmo-Risk depuis quatre ans.

« Les agriculteurs utilisent plusieurs applis météo mais elles sont automatisées, explique-t-il. Sauf que souvent, les tendances locales, notamment le brouillard, ne sont pas forcément mentionnées. Avec ce site, je peux poser des questions précises et je reçois des réponses personnalisées », poursuit cet agriculteur à la tête d’une exploitation agricole de lait bio.

Egalement ingénieur agronome de formation, Christophe Diss a participé à l’élaboration d’un outil agro-climatique. Son intérêt ? Il permet aux professionnels de planifier l’usage de produits phytosanitaires en fonction de la météo. La base de données est actualisée quotidiennement. Comme lui, d’autres agriculteurs, des viticulteurs et même des organismes publics ont fait appel aux services d’Atmo-Risk. La start-up alsacienne a même décroché un contrat avec le service de secours et d’incendie du Bas-Rhin (Sdis) 67 en décembre dernier pour un suivi de situation en cas d’intempéries.

Les données sont en Open data

Comment Atmo-risk récupère-t-elle les données météorologiques ? « Nous travaillons à partir d’outils météo classiques comme les images radars et les images satellites que nous récupérons aux Etats-Unis et en Allemagne, explique Christophe Mertz. Dans ces pays, les données sont en Open Data ». Comprenez gratuites. L’entreprise se charge ensuite de les rendre intelligibles pour le grand public. Les informations pour les particuliers ou les organismes qui ont souscrit un abonnement sont ciblées en fonction de leurs besoins.

Originaire de la vallée de Sainte Marie aux Mines, Christophe Mertz a fondé Atmo-Risk avec un Breton, Ewen Lyvinec. Ce dernier est gestionnaire de risque, expert en gestion des inondations et dans l’élaboration des plans communaux de sauvegarde. Christophe Mertz, lui, est spécialisé dans l’activité électrique des orages. Après avoir débuté ses études en géographie physique à l’université de Strasbourg, il a poursuivi son cursus à Toulouse en Sciences de l’Atmosphère et de l’Océan.

Christophe Mertz ne se voit pas travailler ailleurs que dans sa région d’origine. « C’est l’Alsace ou rien », dit-il. Un attachement qui lui permet de se concentrer sur un périmètre bien défini, selon lui, l’un des facteurs de succès de l’entreprise. « Le temps n’est pas le même à Schirmeck ou à Sélestat, il y a des nuances météorologiques. Aucun robot ne pourra remplacer l’expérience et le terrain ».