Bordeaux-Toulouse : L’horizon de la LGV semble se dégager d’ici 2030, reste à la financer

TRANSPORTS La Loi LOM votée en fin d'année dernière offre la possibilité de créer une société pour financer le projet à 7,5 milliards. Une opportunité à saisir pour ses partisans si on veut lancer les travaux d'ici deux ans

Claire Manière et Béatrice Colin

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Un TGV reliant Paris à Bordeaux (illustration).
Un TGV reliant Paris à Bordeaux (illustration). — UGO AMEZ/SIPA
  • Bloqué depuis des mois, le financement de la LGV Bordeaux-Toulouse est désormais envisageable grâce à la Loi LOM qui permet de créer une société dédiée.
  • Eurosud Team, une association de lobbying pour voir aboutir le projet, espère que cette société sera créée rapidement, histoire de pouvoir lancer les travaux en 2022 pour une mise en service en 2029.

Il y a deux ans, le Conseil d’orientation des infrastructures repousssait aux calendes grecques la ligne à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse. Dans le pire des cas, elle était annoncée en gare Matabiau seulement en 2037.

Ce scénario catastrophique pour les partisans de la LGV semble bel et bien enterrée. Depuis le 24 décembre dernier, et l’adoption de la loi d’orientations des mobilités (LOM), la possibilité de relier en train Paris à Toulouse en 3h10 d’ici à 2030 semble à nouveau envisageable.

 

Quel calendrier ?

« Nous sommes sortis aujourd’hui du débat s’il faut la faire ou pas. Depuis le 24 décembre, nous avons deux ans pour mettre en place une société de projet qui permettra de créer un modèle pour la financer. Tout est en place aujourd’hui mais il ne faut pas perdre de temps pour avoir la première pelletée de terre en 2022 et une mise en service en 2029 », explique Jean-Louis Chauzy, président d’Eurosud Team, l'association de lobbying créée pour voir aboutir le projet.

Cette nouvelle société, portée par les métropoles toulousaines et bordelaises et les régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, aura la charge de mettre en place de nouvelles ressources pour financer les 7,5 milliards d’euros nécessaires à la création de cette ligne de 222 km.

Comment la financer ?

Au-delà du recours à l’emprunt, la création d’une taxe sur les bureaux collectée par la future société est donc d’ores et déjà à l’étude. « Les acteurs économiques d’Occitanie en ont accepté le principe car cela amène une plus-value pour toutes les entreprises qui bénéficieront de ses retombées », assure Jean-Louis Chauzy, par ailleurs président du Conseil économique social et environnemental d'Occitanie.

Les collectivités seront aussi amenées à verser au pot ou encore l’Europe au titre des fonds pour les grands projets de transports. La présidente de la région Occitanie, Carole Delga, s’est aussi dite prête à une nouvelle répartition de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) dont une partie pourra être désormais affectée vers la réalisation de cette infrastructure.

Un seul chantier, pas de saucissonnage

Si le feu vert est donné pour la création de cette société, les membres d’Eurosud plaident pour la réalisation de la nouvelle ligne d’un seul tenant. Un sentiment partagé par Georges Méric, le président du conseil départemental de Haute-Garonne. « Selon le calendrier annoncé ce matin, la LGV devrait arriver sur notre territoire d’ici 2030. C’est une bonne nouvelle. Mais nous sommes pour une vraie LGV, pas une LGV partitionnée, pas une LGV Bordeaux-Saint-Jory. Pour rappel, nous avons déjà payé le tronçon Paris-Bordeaux, nous attendons maintenant que l’Etat tienne ses promesses », a-t-il expliqué.

Pour Jean-Louis Chauzy, les premiers coups de pioche seraient donnés du côté des deux métropoles, mais le chantier de réalisation de la ligne nouvelle se ferait dans la foulée.