Hauts-de-France : Trois solutions pour endiguer la désertification des centres-villes

COMMERCE Trois mairies du Nord-Pas-de-Calais ont utilisé trois outils différents pour remettre le commerce au centre du village

Mikaël Libert

— 

Une rue commerçante (illustration).
Une rue commerçante (illustration). — O.Aballain / 20 Minutes
  • Les communes testent des solutions contre la désertification des centres-villes par les commerces.
  • Une problématique reconnue par le gouvernement qui a mis en place le dispositif « Action cœur de ville ».
  • Certaines communes du Nord-Pas-de-Calais ont anticipé et trouvé des solutions contre la vacance commerciale.

Il faut que ça bouge. Les commerçants sont malmenés. La faute à Internet, les manifestations, les travaux, le temps, la conjoncture… Bref, il n’est pas rare de voir se multiplier les boutiques fermées dans les centres-villes. Autant de dents creuses que les maires des communes concernées aimeraient bien combler. A Arras, dans le Pas-de-Calais, et Valenciennes et Roubaix, dans le Nord, les élus testent des solutions différentes pour revitaliser le cœur de leur ville.

Arras mise sur la technologie

La mairie d’Arras a fait appel à la start-up Mytraffic. Le credo de cette société, c’est l’analyse statistique de données de géolocalisation. « Bon nombre d’applications pour smartphones récoltent puis revendent les données GPS des utilisateurs après les avoir anonymisées. Nous achetons et exploitons ces données de diverses manières », explique-t-on chez Mytraffic. Ces données, très précises, sont comparées avec des comptages sur le terrain. L’analyse permet ensuite de savoir combien de personnes passent a un endroit et à quelle heure cet endroit est le plus fréquenté. Cela peut se faire à l’échelle d’un quartier, d’une rue et même d’une adresse.

Selon la start-up, pour Arras, l’idée était de « cartographier le flux de passants pour déterminer les meilleures zones de chalandise et ensuite mettre en place des actions au niveau municipal ». Le procédé a d'ailleurs fait baisser la vacance commerciale de la ville de 17,5 % à 8 %.

Valenciennes parie sur la créativité

La ville bénéficie déjà du dispositif du gouvernement « Action cœur de ville ». Le maire a aussi décidé de participer au concours « Mon centre-ville à un incroyable commerce », notamment organisé par le site Internet Leboncoin.fr. Les villes ciblent d’abord des locaux vides dans le centre. Des porteurs de projets commerciaux sont ensuite invités à développer leur idée d’entreprise avant de la défendre devant un jury.

A Valenciennes, en septembre dernier, c’est le projet de salon de coiffure inclusif de Caroline Carrion qui a remporté le prix, 1.000 euros, soit trois mois de loyer dans le local commercial identifié. « Un commerce a déjà ouvert ses portes et 5 autres sont en cours de création », selon le maire de Valenciennes, Laurent Degallaix.

Roubaix opte pour la période d’essai

Nous en avions déja parlé dans 20 Minutes, il s’agit du concept des « boutiques à l’essai ». La métropole européenne de Lille a décidé de se lancer dans l’aventure, fin 2018. Là encore, les vilaines dents creuses sont ciblées et la commune négocie avec le propriétaire pour proposer un loyer minoré au futur occupant. Rien n’est fait au hasard, une charte étant signée entre la ville, le propriétaire et la fédération des boutiques à l'essai.

Le porteur de projet commercial choisi pourra s’installer dans le local et y développer son activité. Il pourra bénéficier du loyer négocié sur une période de six mois, renouvelable une fois. A Roubaix, par exemple, deux boutiques ont ainsi pu ouvrir leurs portes avenue Jean-Lebas : un restaurant japonais et un atelier de nettoyage et de customisation de baskets. La fédération affirme « afficher aujourd’hui un taux de transformation des boutiques à l’essai de plus de 80 %. »