Cannes : Thales Alenia space respire après deux années « très compliquées »

L'HORIZON SE DEGAGE Le fabricant de satellites a dû engager un plan de réduction des effectifs

Fabien Binacchi

— 

Un satellite en construction dans les salles blanches de Thales Alenia space, le 10 janvier 2019, à Cannes (Illustration)
Un satellite en construction dans les salles blanches de Thales Alenia space, le 10 janvier 2019, à Cannes (Illustration) — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • Après deux années avec un nombre de contrats en baisse, Thales Alenia space annonce une embellie pour 2019 et 2020.
  • Face à une baisse globale de l’activité dans le secteur de l’industrie spatiale, le fabricant de satellites a engagé un plan de Gestion active de l’emploi.
  • D’ici à l’été prochain, 452 postes seront supprimés sur les sites de Cannes et Toulouse.

Serait-ce, enfin, la sortie d’un long trou d’air dans la thermosphère ? « 2019 s’est terminée en hausse après deux années très très compliquées », se réjouit Pierre Lipsky. Le directeur de Thales Alenia space (TAS) à Cannes – le fabricant de satellites, plus gros employeur industriel des Alpes-Maritimes – peut souffler et à nouveau regarder vers le ciel où l’horizon semble se dégager.

Le nombre de satellites vendus dans le monde était de 10 en 2017 et de 9 en 2018 (contre une vingtaine les années précédentes), il y a eu 17 satellites commandés en 2019 (dont 13 sur le marché commercial ouvert) pour lesquels TAS a remporté quatre contrats.

« La machine est toujours surdimensionnée »

« La demande en satellites de télécommunications revient, précise Pierre Lipsky. Nous étions confrontés à une évolution des usages et un certain attentisme. Le marché du renouvellement a également dû attendre. La durée de vie de nos satellites a été plus importante que prévu. » « On respire mais la machine est toujours surdimensionnée », pointe aussi le directeur cannois.

Et le dossier de « Gestion active de l’emploi », lancé au printemps dernier pour réduire la masse salariale de TAS sur son site de la Bocca mais aussi celui de Toulouse, est toujours d’actualité. D’ici à l’été, 452 postes seront supprimés. « Les volontaires ont été identifiées. Il y a une moitié de départs, et une autre de reclassements dans des divisions du groupe Thales », précise le directeur, évoquant un climat « apaisé ».

« Dubitatifs sur le marché de l’observation »

Une appréciation que confirme Eric Brunet-Manquat, secrétaire du syndicat FO de Thales Alenia space et du comité central d’entreprise. Il souligne « l’important investissement personnel des salariés » avant de nuancer : « Pour les télécoms, on retrouve un certain niveau de charge qui nous permet une situation correcte. Par contre, nous sommes beaucoup plus dubitatifs sur le marché de l’observation. »

Quatre contrats « majeurs », selon TAS, ont été conclus dans la première catégorie, pour des clients indonésien, italien, égyptien et pour Eutelsat. Il n’y en a eu qu’un seul dans la deuxième : « Flex » pour l’étude des plantes et de leur influence sur le cycle du carbone.