Renault-Nissan : « L’alliance n’est pas morte », affirme son président

AUTOMOBILE Selon des informations du « Financial Times », démenties par Nissan, le constructeur japonais envisagerait une séparation d’avec Renault

20 Minutes avec AFP

— 

Jean-Dominique Senard.
Jean-Dominique Senard. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

« L’alliance Renault-Nissan n’est pas morte ! On le démontrera bientôt », affirme son président, Jean-Dominique Senard, dans un entretien au quotidien belge L’Echo de mardi, réagissant à des informations de presse selon lesquelles Nissan envisagerait une séparation d’avec Renault. Mardi, Nissan le constructeur japonais a affirmé dans un communiqué n’avoir « pas du tout l’intention de dissoudre » son alliance.

Lundi, l’action Renault a terminé en queue du CAC 40 à Paris (-2,82 %) dans un marché à l’équilibre (-0,02 %) après un article paru dans le Financial Times faisant état d’un plan de Nissan de se séparer de Renault. « Ce qui est écrit là n’a aucun lien avec la réalité actuelle de l’alliance. Je m’interroge sur l’origine de ce type d’informations. Je ne suis pas certain de la bienveillance de l’origine de celles-ci », a-t-il dit au journal belge.

« L’alliance n’en est pas du tout là. Nous sommes en train de recréer son esprit original. Le conseil de l’alliance que je préside est de qualité exceptionnelle. Je n’ai jamais vu autant d’entente cordiale entre les différents dirigeants de nos trois groupes [Renault, Nissan et Mitsubishi Motors] pour faire progresser l’alliance dans la bonne direction », a-t-il ajouté.

« On ne peut pas le faire seul »

Mercredi, l’ancien patron du groupe automobile franco-japonais, Carlos Ghosn, avait réglé ses comptes avec ses successeurs, lançant qu’il n’y avait « plus d’alliance Renault-Nissan ». Une critique balayée par Jean-Dominique Senard dans l’Echo : « Aucun dirigeant de nos trois groupes ne doute de l’utilité fondamentale de l’alliance. On n’a pas le choix. On doit réussir. Tout ce dont on discute aujourd’hui c’est de cela ».

Et Jean-Dominique Senard d’expliquer : « De toute façon, nous sommes obligés de prévoir des investissements considérables pour explorer les technologies de l’avenir qui se chiffreront en milliards d’euros ».

« Ce n’est pas compliqué, on ne peut pas le faire seul, aucune de nos sociétés ne peut se le permettre. Le potentiel de cette alliance est donc considérable, même s’il n’est pas perçu dans son ampleur par le monde extérieur », a souligné le patron dans le quotidien belge.

« Quelques âmes chagrines » « prêtes à épancher leur frustration »

Avant le démenti de Nissan, une source proche du constructeur japonais interrogée par l’AFP estimait que les rumeurs émanaient probablement de « quelques âmes chagrines » au sein de Nissan « prêtes à épancher leur frustration ».

La reconstruction de la confiance entre les deux groupes « prendra du temps », même si leurs dirigeants « sont convaincus que sans l’alliance les deux sociétés ne vont nulle part », a ajouté cette source.

Nissan s’est doté depuis début décembre d’un nouveau directeur général, Makoto Uchida, ainsi que d’un nouveau directeur opérationnel, Ashwani Gupta, deux personnalités favorables à l’alliance. Cependant fin décembre, la démission surprise du numéro trois de Nissan, Jun Seki, qui était réputé être plus méfiant vis-à-vis de l’alliance, avait déjà relancé les craintes de divisions internes persistantes au sein du groupe japonais.