Parmi vos bonnes résolutions, devenir propriétaire à Marseille ? On vous guide !

IMMOBILIER Avec 251.000 euros, vous pouvez acquérir 77 m² à Marseille, contre 53 m² à Bordeaux, 50 m² à Lyon ou encore 24 m² à Paris, selon Se Loger

Caroline Delabroy

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Illustration de la visite d'un appartement avec un agent immobilier.
Illustration de la visite d'un appartement avec un agent immobilier. — POUZET/SIPA
  • Marseille, où les prix de l’immobilier restent globalement stables, est une ville où il faut acheter selon les spécialistes.
  • De fortes disparités existent entre les quartiers, qui expliquent le prix moyen du mètre carré tiré vers le bas.
  • Proche de la mer, le 7e arrondissement reste un marché de niche.

Et si Marseille était la ville où devenir propriétaire ? Alors que les prix de l’immobilier s’envolent dans les grandes métropoles, la cité phocéenne semble inscrire un tempo à part. Selon le bilan de l’année immobilière 2019 de Notaires de France, l’évolution des prix sur un an à Marseille a été de 0,7 %, quand Paris affiche une hausse de 6,3 %, Lyon 10,3 % ou encore Nice de 3,8 %.

« Acheter à Marseille, c’est la bonne affaire », estime ainsi Michel Lechenault, responsable éditorial du groupe Se Loger. Et de poursuivre : « Si vous regardez le prix moyen d’un appartement en France, autour de 251.000 euros, vous pouvez acquérir 77 m² à Marseille, contre 53 m² à Bordeaux, 50 m² à Lyon, 61 m² à Nice et 24 m² à Paris. »

Où trouver le meilleur rapport qualité-prix ?

D’après ce spécialiste, « Marseille est une ville encore très sous-évaluée pour l’immobilier, qui ne peut que prendre de la valeur. » Il l’explique par la grande disparité entre les quartiers : « Il y a une différence flagrante, une fracture, qui n’existe pas ailleurs, avec des écarts entre 1.000 euros le m² et 6.000 euros le m² selon les quartiers ». Sans surprise, le 7e (plus encore que le 8e) figure en haut du palmarès. « Les prix sont fous, le moindre bien mis en vente est tout de suite vendu », observe Bruno Segall, directeur commercial chez Guis Immobilier. Endoume, le vallon des Auffes, Malmousque. La proximité avec la mer et le côté noyau villageois séduisent plus que jamais. Sur le Vieux-Port aussi, les biens sont recherchés, mais davantage pour la location saisonnière.

« Le meilleur rapport qualité-prix, c’est pour moi les 4e et 5e arrondissements, poursuit Bruno Segall. Ils sont bien desservis, et les travaux sur le Jarret vont à terme assainir l’ensemble. » Pour Jean-Luc Lieutaud, président du pôle Paca de l’Union des syndicats de l’immobilier, ces quartiers sont porteurs, tout comme les 6e, 9e, 10e et 11e arrondissements. Dans l’ancien, où le prix moyen du m² se situe entre 2.500 et 2.800 euros, il faut aussi compter avec le prix des travaux : autour de 400 euros le m² pour des travaux courants, et le double pour une rénovation complète. « Il y a encore pas mal d’appartements à rénover. Les transactions sont dynamiques, on va même venir à manquer de produits dans l’existant », prédit-il, encourageant à profiter maintenant des taux bancaires encore très bas.

Forte augmentation dans le neuf

Dans le neuf, Rémy Courtès, vice-président de la Fédération des promoteurs immobiliers, s’inquiète aussi du manque de constructions à venir. « Il y aura de moins en moins d’offres dans les secteurs est et sud de la ville, si vous avez un quartier précis en tête, c’est peut-être le moment de regarder », conseille-t-il. En deux ans sur Marseille, les prix de l’immobilier neuf ont augmenté de près de 25 %, avec un prix moyen de 4.300 euros le m² (hors parking). » A l’écouter, la demande est là, et des opportunités encore à saisir dans la suite d’Euromed.

Dans l’hyper centre-ville, le projet de résidence The Babel Community dans les anciennes Galeries Lafayette est attendu pour redynamiser le quartier. « Le secteur est occupé à 80 % par des locations », observe Jean-Luc Lieutaud, qui ne mesure pas ainsi de frilosité particulière après le drame de la rue d’Aubagne. « Marseille est une ville en devenir, et peu ou prou il va y avoir un changement de direction avec les municipales, cela va booster les choses. »