Le baptême républicain, un acte en mairie purement symbolique

RITUEL Afin d’apporter un soutien supplémentaire à leur enfant dans son développement, bon nombre de familles souhaitent lui donner des parrains civils

ZP pour 20 Minutes

— 

Bien qu'il n'ait pas de valeur légale, le baptême civil est un rite laïque très en vogue.
Bien qu'il n'ait pas de valeur légale, le baptême civil est un rite laïque très en vogue. — IStock / City Presse

Rite de passage ancestral essentiel pour les croyants, le baptême a aussi fait son apparition dans la société laïque au lendemain de la Révolution française, à travers un décret de 1794 désignant les mairies compétentes pour réaliser un parrainage civil.

Une pratique en plein essor

Instauré en pleine effervescence républicaine, ce rituel visait à l’origine à accompagner les jeunes citoyens dans leur entrée au sein de la communauté nationale. Or, après être tombée en désuétude pendant plus d’un siècle, cette pratique a connu un regain d’intérêt ces dernières décennies.

Diverses raisons motivent les familles. Le baptême civil est non seulement un moyen de célébrer la naissance d’un enfant et d’inscrire une date supplémentaire importante dans son histoire, mais aussi de désigner de façon cérémonielle une ou deux personnes qui s’engagent ainsi à lui apporter leur soutien dans sa vie à venir. Au-delà d’une fête dédiée au bébé – ou à l’enfant, voire à l’adolescent –, c’est donc également un témoignage de confiance vis-à-vis d’un proche et la valorisation de son lien symbolique avec l’enfant. Le fait de pouvoir exprimer cet engagement devant un représentant de la loi et des valeurs républicaines de « liberté, égalité, fraternité » apporte évidemment une solennité particulière.

Une faculté des mairies

Si le baptême républicain est aujourd’hui courant dans bon nombre de municipalités, il n’est toutefois pas encadré par le législateur. Alors qu’un amendement à la loi Égalité et citoyenneté de janvier 2017 prévoyait de reconnaître officiellement cette cérémonie et d’encadrer l’acte de parrainage civil, la mesure a en effet été censurée par le Conseil constitutionnel en tant que cavalier législatif sans rapport avec le texte principal.

Dès lors, ce rite n’est pas un droit mais seulement une possibilité offerte par les communes qui consentent à l’organiser. Aucun cérémonial spécifique n’est donc prévu et cette pratique n’est pas reportée sur les registres d’état civil. Ce qui explique d’ailleurs qu’il soit impossible de recenser le nombre de baptêmes civils réalisés en France.

Pour autant, beaucoup de mairies prennent à cœur cet engagement symbolique et le préparent de façon aussi solennelle qu’un mariage. Il faut envoyer un dossier complet aux services municipaux, comportant les pièces d’identité des parents, un justificatif de domicile, la copie intégrale de l’acte de naissance de l’enfant et les pièces d’identité et justificatifs du parrain et de la marraine. Certaines villes peuvent en outre imposer une condition d’âge.

Soutien moral ou devoir légal

On l’aura compris, le rôle des parrains civils se borne à leur seule volonté d’intervenir dans la vie de l’enfant. Mais ils n’ont aucune obligation légale à le faire. Si les parents souhaitent donner une valeur juridique à cet engagement, ils devront en passer par un testament​ ou une déclaration spéciale devant un notaire. L’objectif ? Designer par avance une personne, appelée tuteur, afin qu’après votre décès, elle s’occupe de votre enfant jusqu’à sa majorité. À noter : si cette décision s’impose au conseil de famille mis en place pour gérer la tutelle de l’enfant, l’individu choisi peut en revanche toujours refuser d’accepter cette mission.