« Janvier sobre » : Une start-up veut lever les clichés (et non le coude) sur les bières et les vins sans alcool

APERO Un Nantais de 37 ans a lancé Gueule de joie, une start-up de vente de boissons sans alcool

Julie Urbach

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Jean-Philippe Braud a créé le site de ecommerce Gueule de joie
Jean-Philippe Braud a créé le site de ecommerce Gueule de joie — J. Urbach/ 20 Minutes
  • La start-up nantaise Gueule de Joie propose une cinquantaine de références de bières, vins et spiritueux sans alcool.
  • A l'occasion de «Janvier sobre», elle espère lever les a prioris sur ces boissons, en plein essor.

Et si on arrêtait de picoler, au moins pour les 25 prochains jours ? Alors que les Britanniques se lancent depuis 2003 dans le Dry January (« Janvier sobre » en français), le mouvement semble séduire leurs voisins Français cette année. Sauf que ces derniers vont vite se poser une question (si ce n’est déjà fait), à l’heure de l’apéro… Qu’est ce qu’on boit ?

Pour ceux à qui le bruit du décapsuleur ou du bouchon qui saute manque déjà, Jean-Philippe Braud, un Nantais de 37 ans, a la solution. Il y a six mois, cet ancien commercial a lancé Gueule de Joie, un site de ecommerce réunissant une cinquantaine de références de bières, vin, et apéritifs… Sans alcool. « Il y a deux ans, ma femme était enceinte, et j’ai moi aussi voulu baisser ma consommation d’alcool. Mais tout en continuant à sortir, voir du monde, faire la fête et de bons repas. »

Le chef d’entreprise a donc rassemblé, sur un même site marchand, « le meilleur du sans alcool produit un peu partout dans le monde », la moitié venant de France et certaines en exclusivité. Car il le jure : aujourd’hui, et alors que le secteur est en plein essor, les boissons sans alcool n’ont plus grand-chose à voire avec le Champomy. « De plus en plus de brasseurs artisanaux ou de petits vignerons s’y mettent, assure Jean-Philippe Braud. Quand on arrive à les trouver et à lever les a prioris, il s’agit de vrais produits de qualité, qui ont du goût, et sont beaucoup moins sucrés. C’est une alternative incluante. »

On a testé pour vous…

Du coup, on a testé. On a choisi une bière blonde de la brasserie danoise Mikkeler, la seule de la gamme à afficher un taux de 0 % d’alcool (les autres montent jusqu’à 0,9 %). Comme les autres références, le packaging de la bouteille est sobre (voilà pour le jeu de mot). Dans le verre, ça mousse comme il faut. Et en bouche, c’est léger (évidemment), mais les arômes et l’amertume sont là. « Le procédé de fabrication est le même mais le processus de fermentation est plus lent et se fait à froid, explique Jean-Philippe Braud. Il y a une autre technique qui consiste à filtrer l’alcool. Il y a souvent dans ces bières un max de houblon, pour donner le goût. » Honnêtement, c’est plutôt bon, voire bluffant.

Pour le vin (dites d’ailleurs boisson au profil de vin), il y a du blanc, du rouge ou du rosé. Mais à la première gorgée du pétillant de la Côte de Vincent, impossible de se tromper. L’alliance des cépages rend la dégustation plus agréable qu’avec un jus de raisin (c’est surtout beaucoup moins sucré). Comme on n’est pas très cocktails, on a décliné le sirop Monin goût orange spritz ou le Seedlip, ce spiritueux anglais à base de plantes. Mais il paraît que ça vaut le détour, comme le Mojithé, ce faux mojito qui zappe le rhum pour du thé vert, « afin de donner une belle rondeur en bouche ».

Encore plus de références

Après une « grosse période » en décembre, pour les fêtes de fin d’année, Jean-Philippe Braud mise sur janvier pour booster ses ventes, et ce même si le gouvernement ne soutient finalement pas l’opération. Jusqu’alors, plusieurs centaines de commandes ont été expédiées partout en France, « au-delà des objectifs » que Gueule de joie s’était fixés. Si tout va bien, la marque voudrait ouvrir un point de vente physique en centre-ville de Nantes cette année, et développer le nombre de références à la vente.