Bourse de Paris: L'agence Bloomberg écope d'une amende de 5 millions d'euros pour diffusion de fausses informations

FINANCE L'autorité des marchés financier a infligé une amende à l'agence de presse Bloomberg pour avoir diffusé «des informations qu'elle aurait dû savoir fausses» et qui avaient fait chuter l'action du groupe Vinci en 2016

Laure Cometti

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Le stand du groupe Vinci au Salon de la Bourse, en 2009
Le stand du groupe Vinci au Salon de la Bourse, en 2009 — MEIGNEUX/SIPA

En quelques minutes, l'action Vinci  avait perdu 18% de sa valeur. C'était le 22 novembre 2016, après la publication d'un communiqué annonçant une révision des comptes du groupe de BTP pour des irrégularités «très graves». Ce document, un faux, avait été relayé par l'agence de presse Bloomberg.

L'agence, qui exerce une grande influence sur les salles de marché, s'est vu infliger ce lundi une amende de cinq millions d'euros par le gendarme français des marchés financiers (AMF) pour avoir diffusé «des informations qu'elle aurait dû savoir fausses». Bloomberg a immédiatement annoncé son intention de faire appel.

«Aucune vérification» du faux communiqué selon l'AMF

La Commission des sanctions de l'AMF a estimé que la diffusion de ces fausses informations, qui avaient fait chuter le cours du titre Vinci de 18,28%, «n'a été précédée d'aucune vérification de la part des journalistes du "Speed Desk"» de Bloomberg alors qu'elles faisaient «état d'informations d'une grande gravité, laissant présager une chute brutale et immédiate du cours de bourse», selon le communiqué de l'AMF.

La commission a jugé que les «règles ou codes régissant la profession de journaliste» n'ont «pas été respectés par la société Bloomberg LP en l'absence de vérification des informations préalablement à leur publication».

Bloomberg se dit «victime d'un hoax»

«Nous déplorons la décision rendue aujourd'hui par la Commission des sanctions de l'AMF, qui méconnaît le rôle vital que joue la presse dans une société démocratique», a réagi Bloomberg. L'agence a été «victime de ce hoax (intox) sophistiqué», «au même titre que l'entreprise visée», se défend Bloomberg qui «entend faire appel de cette décision».

Le communiqué frauduleux avait été reçu également par l'AFP, qui n'avait pas donné suite après s'être aperçue que ce document avait été mis en ligne sur un site internet miroir, très similaire du vrai site mais avec une adresse distincte (vinci.group et non vinci.com). Ce communiqué avait même été signé du nom du véritable responsable des relations presse de Vinci, tout en renvoyant à un faux numéro de téléphone portable.