Législatives au Royaume-Uni : Pourquoi les bourses européennes ont-elles bondi ?

FINANCE Au lendemain de la victoire des conservateurs de Boris Johnson au Royaume-Uni, les bourses européennes ont été à la hausse

Romarik Le Dourneuf

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Les Bourses européennes ont ouvert en hausse ce vendredi 13 décembre
Les Bourses européennes ont ouvert en hausse ce vendredi 13 décembre — Daniel Sorabji
  • Le parti conservateur du Premier ministre britannique Boris Johnson a remporté jeudi une large victoire aux élections législatives, ouvrant la voie au Brexit.
  • Les bourses européennes ont accueilli la nouvelle avec des hausses importantes à l’ouverture ce vendredi.
  • Mais les annonces de Donald Trump et de la Fed, cette semaine, y sont pour beaucoup dans la bonne forme des marchés financiers.

Boris Johnson n’a pas dû pas être le seul à faire la fête. Après l’annonce de la large victoire des conservateurs aux élections législatives du Royaume-Uni, un vent d’optimisme a en effet soufflé fort sur les bourses européennes, à l’ouverture, ce vendredi matin. A Paris (+1.44 %), Francfort (+1.22 %), Milan (+1.38 %), ou encore Madrid (+1.52 %), les places financières du continent ont salué le verdict sorti des urnes britanniques. Mais pourquoi un tel rebond, alors que le Brexit se profile à l’horizon ?

Enfin le bout du tunnel

« Ce résultat apporte de la clarté à des marchés qui détestent l’incertitude », explique Grégory Claeys, économiste du think tank Bruegel. Même son de cloche pour Jean-Paul Betbeze, professeur et membre du Cercle des économistes : « C’était joué d’avance, parce que Jeremy Corbyn n’a pas compris les attentes des Britanniques. Mais les marchés craignaient quand même son influence en cas de bon résultat. »

Si les financiers soutenaient le Remain à l’époque du référendum, ils savaient aujourd’hui qu’il n’y avait plus d’autre issue que la sortie de l’Union européenne. « Ces chiffres révèlent surtout un soulagement. Les bourses “achètent” la bonne nouvelle », résume Jean-Paul Betbeze. Pour Grégory Claeys, les hausses constatées montrent l’envie des acteurs de la finance d’aller enfin de l’avant : « On se dirige vers l’accord proposé par Boris Johnson. Les marchés veulent maintenant savoir quels vont être les liens entre l’UE et le Royaume-Uni [après le Brexit], surtout en termes de libre-échange sur les services financiers. »

Les deux économistes clament toutefois qu’il ne faut pas donner trop d’importance à cette euphorie. Pour Grégory Claeys, c’est une « surréaction des marchés ». Et pour son confrère, ces derniers sont « excessifs mais intelligents ». D’autant que l’optimisme constaté sur les places boursières était antérieur aux élections.

Trump fait plus d’effet que Johnson

Si Donald Trump s’est empressé de féliciter le Premier ministre britannique, par un tweet dans lequel il évoque un dutur « énorme nouvel accord commercial », il avait déjà fait frémir les bourses mondiales plus tôt dans la journée. Par le biais d’un autre «  gazouillis », il annonçait un accord historique conclu avec la Chine – qui a depuis été confirmé -.

« Cette annonce de Trump a un effet autrement plus important que la victoire de Boris Johnson », indique Jean-Paul Betbeze. Selon le membre du Cercle des économistes, les marchés sont déjà persuadés que le président américain ne sera pas destitué, et même qu’il sera réélu. A cela s’ajoute la mesure, très attendue cette semaine par les marchés financiers​, de la Fed – la banque centrale américaine - qui a laissé ses taux d’intérêt inchangés.

« Les marchés sont maintenant convaincus qu’il n’y aura pas de crise en 2020. Cela justifie les hausses du jour. » Grégory Claeys arrive à la même conclusion : « La victoire de Boris Johnson vient simplement s’ajouter à un fil d’annonces qui étaient déjà très positif. »