CES Las Vegas 2020: Asmodine aide les tailles atypiques et prend en main votre image vestimentaire

START UP Le salon de l’électronique Consumer Electronics Show qui se tient à Las Vegas accueille, cette année encore, de nombreuses entreprises françaises. Amosdine, fondée par l'ancien basketteur Claude Marquis, pourrait bien faire parler d'elle

Frédéric Brenon

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Claude Marquis, ancien basketteur pro, fondateur de la start-up Asmodine.
Claude Marquis, ancien basketteur pro, fondateur de la start-up Asmodine. — F.Brenon/20Minutes

L’histoire n’est pas banale. Celle d’un basketteur professionnel, international français (36 sélections), qui, à l’approche de sa fin de carrière, décide de changer de voie pour créer son entreprise de… conseil et d’assistance vestimentaire. Initié en 2016, son projet est devenu réalité et s’appelle Asmodine. La start-up, basée à Nantes, sera d’ailleurs cette semaine au CES de Las Vegas, le plus grand salon mondial de l’innovation, pour tenter de convaincre les participants de son potentiel « international ».

Il faut dire que Claude Marquis, pivot ayant fait les beaux jours du Cholet Basket (entre autres), en connaît un rayon au sujet des difficultés d’habillement. Avec ses 2,03 m et ses 115 kg, le Guyanais « galérait » pour trouver de quoi se vêtir à son goût. « Il n’y avait jamais rien pour moi dans les magasins. J’ai fini par trouver mon bonheur sur un site Internet américain mais, d’une marque à l’autre, les tailles n’étaient pas exactement les mêmes. Je renvoyais donc souvent des articles. Et en en parlant autour de moi, je me suis rendu compte que mon problème était loin d’être isolé. C’est comme ça qu’est venue l’idée d’Asmodine. »

Un conseiller en image virtuel

Conçu au départ comme un site de vente en ligne spécialisée dans les tailles atypiques, la start-up a peu à peu évolué pour prendre la forme d’un assistant virtuel au service de la clientèle des sites de prêt à porter. Il suffit de renseigner ses mensurations, son style (près du corps, ajusté, ample) et l’intelligence artificielle d’Asmodine oriente automatiquement l’utilisateur vers des choix adaptés à sa morphologie. « Le résultat sera très précis », assure Claude Marquis.

Mais Asmodine va plus loin. En renseignant sa couleur de cheveux, de peau ou d’yeux, l’assistant peut également suggérer les coloris qui « vont sublimer la personne ». Dans un avenir proche, Amosdine sera même capable d’adapter sa sélection à un événement donné (soirée chic, rendez-vous d’affaires, brunch décontracté…). « En fait, ce qu’on propose, c’est un véritable conseil en image, explique l’ancien basketteur. Le client gagne du temps et est sûr de ne pas se tromper. Car ce n’est pas donné à tout le monde de savoir bien s’habiller. »

Des économies pour les entreprises

Rassurer le client, et donc « faciliter sa décision d’achat », est aussi dans l’intérêt des boutiques en ligne accueillant Asmodine sur leur plateforme. Mais ce ne serait pas le seul avantage. « Avec nos services, on diminue sensiblement le nombre de retours pour erreur de taille. Il faut savoir qu’entre 20 et 40 % des vêtements achetés sur Internet sont renvoyés et dans 75 % des cas pour un problème de taille. Ça coûte énormément d’argent aux entreprises. »

Pour l’heure, Asmodine, qui emploie cinq salariés pour son développement, est en cours de déploiement sur un seul site marchand féminin. « Mais cinq autres acteurs importants nous ont manifesté un intérêt prononcé, ajoute Claude Marquis. Nous en sommes au début. Notre projet a besoin de visibilité pour convaincre. Je suis confiant. Le potentiel est immense. Mon ambition est de créer de l’emploi dans la région. »