Début de semaine agité pour les marchés boursiers

FINANCES Le président Sarkozy recevra mardi à Paris Gordon Brown, qui accueillera à son tour la chancelière allemande Angela Merkel jeudi à Londres...

Avec agence

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Un trader à Wall Street le 27 octobre 2008
Un trader à Wall Street le 27 octobre 2008 — REUTERS
Les marchés boursiers ont continué à faire grise mine, face à l'ampleur de la récession qui s'annonce dans les grands pays industrialisés et en dépit de la mobilisation internationale visant à amortir le choc.

Tokyo entraîne les bourses européennes dans sa chute

Après avoir évolué en yo-yo tout au long de la séance, la Bourse de New York a terminé en repli de 2,42%, l'indice Dow Jones lâchant 203,18 points à 8.175,77 points. Entraînés par la chute de la Bourse de Tokyo, au plus bas depuis 26 ans, les marchés européens, en forte baisse à l'ouverture, ont réduit leurs pertes à la clôture: la place de Paris a perdu 3,96% et Londres 0,79%. Madrid a cédé 4,11%, Milan 3,96% et Zurich 3,07%.

Exception notable: la Bourse de Francfort a fini en hausse de 0,91%, sauvée par l'envolée inédite du cours de Volkswagen, qui a gagné plus de 146%, sur fond du rachat du groupe par le richissime Porsche.

Depuis son point le plus haut de l'année, le 17 mai, la capitalisation boursière mondiale a fondu de près de 28.000 milliards de dollars, soit quasiment la moitié de sa valeur.

Une rencontre entre Nicolas Sarkozy et Gordon Brown

Le président français Nicolas Sarkozy doit présenter mardi une panoplie de mesures destinées à amortir les effets de la crise financière sur l'emploi. Le Premier ministre britannique Gordon Brown a défendu le principe d'une hausse de la dette publique pour soutenir l'économie. Selon lui, «la responsabilité du gouvernement est d'investir maintenant pour accélérer l'activité économique.»

Le président Sarkozy recevra mardi à Paris Gordon Brown, qui accueillera à son tour la chancelière allemande Angela Merkel jeudi à Londres.
 

La crise financière s'étend à tous les secteurs

Les opérateurs sont restés de marbre face à un communiqué du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) qui s'est inquiété de la «volatilité excessive du yen», se déclarant prêt à «coopérer» pour rétablir la stabilité sur les marchés.

Et pour cause. La crise financière gagne tous les jours l'économie réelle, dans les pays industrialisés comme dans les pays émergents. Selon la ministre française de l'Economie Christine Lagarde, elle, a «clairement atteint l'économie réelle, avec d'abord le secteur immobilier, ensuite celui de l'automobile, et puis l'ensemble des secteurs et des pays».

Signe du ralentissement économique, le prix du pétrole, en recul, est tombé brièvement sous la barre des 60 dollars à Londres, bien loin de son record de 147 dollars en juillet, malgré l'annonce d'une baisse de production de l'Opep vendredi.

Les marchés à l'affût de tous les signes de détérioration

Les marchés sont ainsi à l'affût de tous les signes de détérioration de la conjoncture. Ils suivront attentivement la publication jeudi de la première estimation du Produit intérieur brut (PIB) américain au troisième trimestre, attendu en recul.

Les marchés surveillent également de près les résultats d'entreprises. L'opérateur téléphonique américain Verizon a ouvert le bal ce lundi, avec des prévisions conformes à ses attentes et des bénéfices en hausse au troisième trimestre. Mardi, suivront Honda et Panasonic à Tokyo et le pétrolier BP à Londres. Le lendemain, Nippon Steel, Toshiba, Michelin, Procter & Gamble, Kraft Foods et Lufthansa entreront dans la danse.

Une nouvelle baisse des taux directeurs attendue

Grosse journée jeudi, avec ExxonMobil, première capitalisation du Dow Jones, Motorola, Deutsche Bank, Volkswagen, Alcatel-Lucent, France Télécom, Yamaha, NEC, Unilever ou encore British American Tobacco.

De son côté, la Réserve fédérale américaine devrait encore abaisser son taux directeur mercredi. La
Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d'Angleterre devraient lui emboîter le pas.