CES Las Vegas 2020 : Agrove, une jardinière connectée pour cultiver facilement en ville

START-UP Le salon de l’électronique Consumer Electronics Show qui se tient à Las Vegas du 7 au 10 janvier accueille, cette année encore, de nombreuses entreprises françaises, comme Agrove qui s’y rend pour la première fois avec ses jardinières connectées et intelligentes

Adrien Max

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La jardinière connectée et intelligente développée par la start-up Agrove.
La jardinière connectée et intelligente développée par la start-up Agrove. — Agrove
  • La start-up basée à Aix-en-Provence, Agrove, se rend pour la première fois au CES de Las Vegas.
  • Elle propose une jardinière connectée et intelligente pour cultiver en ville aussi facilement qu’à la campagne.

Vivre en ville, et cultiver son petit potager pour développer le végétal. La jeune start-up Agrove, basée à Aix-en-Provence, s’apprête à s’envoler à Las Vegas pour participer à son premier Consumer Electronics Show (CES), forum mondial des start-up. Il y a deux ans encore, Quentin Rousselot, était loin de s’imaginer s’envoler pour le Nevada. Il tentait de conjuguer ses racines rurales à sa vie de citadin.

« Mes parents sont agriculteurs, j’ai grandi près de Manosque avant de venir faire mes études à Polytech Marseille. Je voulais amener un peu de nature en ville, en cultivant mes fruits et légumes sur mon balcon dans une quantité suffisante pour me suffire à moi-même. Mais en ville, on n’a pas le temps, la vie est plus rapide, l’espace manque également, c’est forcément plus compliqué », constate-t-il.

Une jardinière (très) intelligente

Grâce à ses compétences en électroniques et en automatisation, il décide de créer une solution pour accompagner les particuliers, mais aussi les entreprises, à cultiver leur potager de A à Z. « La jardinière dispose de capteurs qui relèvent directement l’humidité dans la terre, ces capteurs sont reliés à un système de goutte-à-goutte qui se déclenche, ou pas, en fonction des besoins », détaille Quentin. Il propose de cultiver en terre contrairement aux solutions hydroponiques de ses concurrents, pour un « retour à la terre, à l’agroécologie ». Ce système offre une autonomie de trois semaines environ, le temps de s’accorder quelques vacances.

Mais Agrove va encore plus loin grâce à des capteurs climatiques. « C’est un vrai défi, concède Quentin. Des capteurs apporteront des données sur le microclimat, qui seront croisées à une base de données que nous aurons alimentée. En croisant ces données, la jardinière va conseiller à l’utilisateur telle variété de tomate plutôt qu’une autre, qui sera plus adaptée au microclimat. »

Planning et partage

Cette base de données de connaissances en matière de jardinage va aussi permettre de conseiller le cultivateur. « Un planning va être établi, et l’utilisateur va recevoir directement des notifications sur son téléphone, sur ses tâches à accomplir. Par exemple, pincez les tomates, arrosez le basilic », détaille le CEO de la start-up. Et pour prolonger l’expérience de l’utilisateur, une partie communauté, est également prévue, dans laquelle les cultivateurs pourront échanger leurs expériences

Toujours dans cette démarche d’agroécologie, Quentin et ses collègues ont imaginé des jardinières en fibre végétale pour éliminer toute utilisation du plastique. « La pompe du goutte-à-goutte est directement alimentée par un panneau solaire sur le haut de la jardinière », relate-t-il.

Commercialisation prévue pour l’automne 2020

Une phase pilote va être lancée avec la fourniture d’une cinquantaine de jardinières chez des partenaires, comme des aéroports, des gares ou des entreprises. « A l’issue de cette phase de pilotage, nous lancerons un financement participatif pour débuter la production à destination des particuliers », prévient Quentin. La jardinière connectée devrait être commercialisée aux alentours de 299 euros vers l’automne prochain.

Et le CES dans tout ça ? « Tout le monde nous a dit que la première participation, c’était pour prendre nos marques, mais que pour réussir, il faut en faire deux. On y va avec l’objectif de se faire connaître, d’augmenter notre notoriété, rencontrer des grands comptes et avoir accès à des dirigeants habituellement inaccessibles. Et si l’on peut démarcher des distributeurs… » espère Quentin. Leur sélection au salon Vivatech à Paris en mai dernier et le prix RSE, organisé par Le Phare de l’Entreprenariat à Marseille, devraient y contribuer.