Blanchiment : Bruxelles va étudier la création d'un organe européen indépendant

FINANCES C’est une demande des ministres des Finances européens. Elle fait suite à une première discussion début octobre entre les Etats membres, à l'initiative de la France et des Pays-Bas, échaudés par plusieurs scandales de blanchiment.

20 Minutes avec AFP

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Le logo de la banque danoise Danske Bank au coeur d'une affaire de blanchiment entre 2007 et 2015 d'environ 200 milliards d'euros à travers sa filiale estonienne.
Le logo de la banque danoise Danske Bank au coeur d'une affaire de blanchiment entre 2007 et 2015 d'environ 200 milliards d'euros à travers sa filiale estonienne. — RAIGO PAJULA / AFP

Les Etats membres de l’UE ont demandé jeudi à la Commission européenne d’étudier la création d’un organe européen indépendant, chargé de lutter contre le blanchiment d'argent.

Dans des conclusions adoptées, les ministres des Finances européens invitent Bruxelles « à étudier (…) les avantages et les inconvénients de confier certaines responsabilités et certains pouvoirs pour superviser la lutte contre le blanchiment de capitaux à un organe de l’Union doté d’une structure indépendante » et de « pouvoirs directs ».

Une demande qui fait suite à plusieurs scandales de blanchiment

Cette demande fait suite à une première discussion début octobre entre les Etats membres, à l’initiative de la France et des Pays-Bas, échaudés par plusieurs scandales de blanchiment.

Parmi eux, celui lié à Danske Bank, au cœur d'une affaire de blanchiment entre 2007 et 2015 d’environ 200 milliards d’euros à travers sa filiale estonienne, une affaire qui a aussi éclaboussé Deutsche Bank.

Les scandales liés à la maltaise Pilatus Bank et ses malversations financières révélées par Daphne Caruana Galizia, journaliste assassinée en octobre 2017, ou encore à la troisième banque de Lettonie, ABLV, accusée par Washington de blanchiment d’argent, ont également alimenté les inquiétudes.

Des conclusions « pas dans la bonne direction » pour Bruno Le Maire

« Il existe des différences de supervision en fonction des pays et cela crée des failles qui peuvent être exploitées pour financer des activités illégales », a fait valoir à l’AFP le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, qualifiant ces conclusions de « pas dans la bonne direction ».