Grève du 5 décembre : Vélos, covoiturage, VTC… Les alternatives aux transports en commun s’attendent à faire le plein

TRANSPORTS Certains opérateurs espèrent installer de nouvelles pratiques dans la durée

Nicolas Raffin

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Piste cyclable rue de Rivoli, à Paris.
Piste cyclable rue de Rivoli, à Paris. — BALEYDIER/SIPA
  • La grève du 5 décembre sera très suivie, avec de nombreux transports en commun à l’arrêt.
  • Les opérateurs de bus longue distance, de covoiturage ou de vélos en libre-service s’attendent à un afflux d’usagers.
  • Ils espèrent ainsi convaincre de leur utilité.

Et si certains secteurs profitaient de la grève du 5 décembre ? Alors que la mobilisation s’annonce très suivie dans les transports en commun – 11 lignes de métro seront fermées à Paris –, les moyens alternatifs de déplacement pourraient séduire un grand nombre d’usagers. Au sud de Paris, la société Zoov, qui propose des vélos électriques en libre-service, a flairé le bon filon. Ce jeudi, elle disposera une grande partie de sa flotte – 200 vélos – autour de plusieurs gares de la partie sud du RER B, dont aucun train ne circulera en heures creuses (entre 9h30 et 17h, puis après 20h).

« Nous sommes implantés le long de la coulée verte du sud parisien [avec des voies séparées pour cyclistes], explique Amira Haberah, co-fondatrice de la start-up. Cela permet de faciliter les trajets, à l’écart des routes, qui seront sûrement encombrées. Cette grève, ce sera peut-être l’occasion pour de nombreuses personnes d’utiliser un vélo électrique pour aller travailler… même s’il fait un peu froid ! ».

« On s’attend à une journée historique »

Les plus frileux préféreront sans doute opter pour un transport motorisé. Du côté des VTC, la plateforme Eurecab relève ainsi « un volume de réservation multiplié par trois pour le 5 décembre ». Moins onéreux, le covoiturage et le transport par autocar sont également boostés par la grève. FlixBus, par exemple, va augmenter sa capacité d’environ 10 % du 5 au 8 décembre au vu de la très forte demande.

Même constat chez Blablacar, son concurrent : « Sur les longues distances pour le 5 décembre, les réservations sont pratiquement multipliées par deux, remarque Nicolas Brusson, cofondateur et directeur général de l’entreprise. Sur la partie covoiturage domicile-travail gérée par Blablalines, c’est en train d’exploser, avec une multiplication par 10 des demandes. On s’attend à une journée historique ».

En Ile-de-France, cet élan est encouragé par les pouvoirs publics. La région permet en effet à chaque habitant de pouvoir covoiturer gratuitement en tant que passager afin de se rendre au travail en période de grève, comme c’est le cas ce jeudi. Il suffit pour cela de repérer son trajet sur la plateforme Vianavigo, qui agrège les différentes offres. Le conducteur bénéficie pour sa part d’une indemnité kilométrique (jusqu’à 3 euros par passager, dans la limite de deux trajets par jour).

L’avantage de la grève

Avec ces différentes initiatives, certains opérateurs espèrent faire évoluer les mentalités… et gagner de nouveaux clients. « Pour nous, c’est l’occasion de faire connaître le service, d’expliquer notre fonctionnement, explique Amira Haberah, de Zoov. On montre qu’il y a des alternatives à la voiture ou aux transports en commun. Par ailleurs, comme nous sommes sur un territoire vallonné, c’est aussi une bonne manière de faire de la pub pour l’usage du vélo électrique ».

Même raisonnement du côté de Nicolas Brusson (Blablacar), qui parle même « d’évangélisation » : « Je pense que la grève va permettre à beaucoup de gens de découvrir le covoiturage domicile-travail pour la première fois, assure-t-il. C’est quelque chose dont on a besoin sur le long terme, notamment pour des raisons environnementales : la plupart des conducteurs sont aujourd’hui seuls dans leur voiture, ce qu’il signifie qu’il y a des millions de sièges vides chaque jour ».