VIDEO. La société française Wonder Partners fait un carton avec ses contenus en réalité augmentée

NUMERIQUE La jeune entreprise nantaise, qui emploie une trentaine de personnes, s'est fait remarquer en révolutionnant le catalogue de Noël de l'enseigne Carrefour

Frédéric Brenon

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Des enfants observent un catalogue animé en réalité augmentée par la société Wonder Partners (vue prisedepuis l'application mobile).
Des enfants observent un catalogue animé en réalité augmentée par la société Wonder Partners (vue prisedepuis l'application mobile). — F.Brenon/20Minutes
  • Wonder Partners a été créée en janvier 2018 par Alexis Thomas et Patrick Gluck.
  • Elle produit des contenus en réalité augmentée, c’est-à-dire qui s’animent en 3D dans un environnement réel.
  • Basée à Rezé, près de Nantes, elle emploie 30 personnes. Et prévoit de recruter en 2020.

Ses réalisations paraissent un peu magiques. Et son terrain de jeu semble immense. Créée il y a à peine deux ans, la société nantaise Wonder Partners fait un tabac avec ses animations utilisant la réalité augmentée. Souvent confondue avec la réalité virtuelle, la réalité augmentée consiste à donner vie, en 3D, à une image inerte lorsqu’on la regarde via l’écran d’un smartphone ou d’une tablette. Il suffit pour cela de télécharger une application, de scanner l’image avec l’écran, et, d’un coup, ce dragon dessiné par un enfant va se lever de la feuille et cracher du feu, cette voiture de course en photo va sortir du magazine et ouvrir ses portes, sans masquer l’environnement réel qui l’entoure.

« Quand on en fait l’expérience pour la première fois, c’est l’effet wahouu, surtout chez les plus jeunes. Ils regardent derrière l’image, sur les côtés, pour essayer de comprendre ce qui se passe. C’est bluffant », expliquent Alexis Thomas et Patrick Gluck.

16 millions de catalogues animés

Agés de 32 et 64 ans, les deux cofondateurs de Wonder Partners ont découvert la réalité augmentée dans un reportage télévisé en 2016. Convaincus du potentiel, confirmé par le succès mondial du jeu Pokemon Go utilisant le même procédé, ils quittent leurs jobs respectifs dans la communication et le consulting et expérimentent des cahiers de coloriage qui se vendront comme des petits pains (40.000 au total) « grâce au bouche-à-oreille ». Bingo.

Ils créent leur société, recrutent des développeurs et modeleurs 3D, et décrochent des contrats avec Renault, Enedis, Kinder, Playmobil ou Carrefour. Le géant de la grande distribution confie à Wonder Partners son catalogue de jouets de Noël 2019, distribué à 16 millions d’exemplaires. Près de 700 produits y sont référencés en animation 3D. Des minijeux, permettant au client d’interagir avec le virtuel, accompagnent l’opération en magasins. « Ce catalogue, c’est clairement un tournant pour nous. On a dû monter l’effectif à 30 personnes et travailler d’arrache-pied pendant cinq mois pour réussir », confie Alexis Thomas.

Une levée de fonds internationale pour grandir

Mais Wonder Partners voit beaucoup plus loin. Car la réalité augmentée n’en serait « qu’à sa préhistoire ». Les supports vont se multiplier (objets divers, géolocalisation…) et les contenus s’enrichir, dans des domaines comme le tourisme, la culture, le sport ou la santé. « L’effet magie, l’effet rigolo, va s’essouffler, prévoit Patrick Gluck. Demain, il faudra de l’utile, de l’information. Il faudra aussi qu’on puisse poser des questions et obtenir des réponses. On va se rapprocher de l’intelligence artificielle. » Le renouvellement des smartphones et l’arrivée prochaine de la 5G devraient « accélérer la tendance ».

En discussion pour des affaires « importantes » en France, dans le Golfe arabo-persique et les Etats-Unis, Wonder Partners vient d’ouvrir un bureau à Casablanca. Elle prévoit de recruter à nouveau en 2020 et envisage une levée de fonds internationale avant l’été. « On doit se donner les moyens car, même si on a un peu d’avance aujourd’hui, on sait qu’on peut vite se faire rattraper », justifie Alexis Thomas. « On y croit, sourit Patrick Gluck. C’est l’enfer au niveau de la charge de travail mais on vit un vrai bonheur. »