Taxation du numérique: Le Maire laisse entendre que les Etats-Unis ne veulent plus d'un accord

GAFA Le ministre des Finances a laissé entendre lundi que les Etats-Unis ne voulaient plus d’un accord international sur la taxation des géants du numérique et assuré que la France ne renoncerait « jamais » à sa propre taxe

20 Minutes avec AFP

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Bruno Le Maire, le ministre des Finances, dimanche à Matignon
Bruno Le Maire, le ministre des Finances, dimanche à Matignon — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

« Nous voyons que les Etats-Unis sont en train de faire machine arrière » dans la négociation en cours d’un accord international au sein de l’OCDE pour taxer les géants du numérique, a expliqué Bruno Le Maire, le ministre des Finances, ce lundi, sur France Inter. « Après avoir réclamé une solution internationale à l’OCDE, (Washington) n’est pas sûr d’en vouloir », a-t-il ajouté, alors que le bureau du Représentant américain au Commerce (USTR) doit présenter les conclusions de son enquête sur l’impact sur les entreprises américaines de la taxe française.

Selon Bruno Le Maire, l'administration de Donald Trump pourrait désormais « se contenter d’imposer des sanctions sur la France qui a décidé une taxation internationale ». « Mon message va être clair : nous n’abandonnerons jamais, jamais, jamais, cette volonté juste de taxer les géants du numérique », a affirmé le ministre.

Une taxe nationale

Les Etats-Unis, qui bloquaient depuis plusieurs années les négociations au sein de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), les ont relancées en début d’année afin de trouver un accord international sur la taxation du numérique.

La France avait pris les devants en appliquant dès cette année une taxe nationale et d’autres pays, comme l’Italie ou la Grande-Bretagne, envisagent de faire de même. Dès cet été, Paris s’était engagé à abandonner sa taxe dès qu’une solution internationale aura été trouvée sous l’égide de l’OCDE.