Chute des bourses: «Il est clair que la crise n'est pas terminée»

CRISE Des prévisions pessimistes du côté des entreprises, et plusieurs indicateurs décevants créent un vent de panique sur les marchés financiers...

Maud Descamps

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L'indice Dow Jones a terminé en légère hausse jeudi à la Bourse de New York, prenant 0,23%, tandis que le Nasdaq a perdu 0,49%.
L'indice Dow Jones a terminé en légère hausse jeudi à la Bourse de New York, prenant 0,23%, tandis que le Nasdaq a perdu 0,49%. — Don Emmert AFP/Archives

Inquiets, les marchés financiers dégringolent de nouveau ce lundi, craignant une récession profonde et durable. Malgré tous les plans de soutien annoncés ces dernières semaines, les investisseurs sont affolés par les conséquences de la crise sur la rentabilité des entreprises. Analyste chez Astérès, Nicolas Bouzou explique ce phénomène.

Pourquoi observe-t-on une nouvelle chute des bourses?
Les marchés financiers sont en train de prendre conscience que la crise touche désormais l'économie réelle. En d'autres termes, les acteurs du marché sont en train de réaliser que l'économie des entreprises en subit, aujourd'hui, les effets.

Ces entreprises revoient à la baisse les profits qu'elles réaliseront cette année. C'est, par exemple, ce qu'il s'est passé ce matin avec Renault. Le constructeur automobile a décidé de fermer «la quasi-totalité» de ses usines françaises, pendant deux semaines, pour ajuster sa production en temps de crise.

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Un autre facteur joue dans cette chute des marchés: le très mauvais chiffre de la croissance britannique. L'économie britannique s'est contractée au troisième trimestre pour la première fois depuis 1992. Les analystes ont été surpris par l'ampleur de la baisse, -0,5%, alors qu'ils tablaient en moyenne sur un recul de 0,2%.

Y a-t-il un effet boule-de-neige sur les marchés dans ce contexte incertain?
Tout à fait, les marchés d’actions baissent et par conséquent accroissent le sentiment de panique déjà présent sur les marchés financiers. Les boursicoteurs prennent peur et revendent leurs actions alors que les prix sont au plus bas.

Beaucoup de particuliers essaient de se désengager en revendant leurs actions pour acheter de l'or. Je pense, au contraire, qu'il ne faut surtout pas agir de cette manière, le prix de l'or étant élevé, ces particuliers sont sûrs de perdre de l'argent.

Cette absence de stabilité est-elle une preuve que le pire de la crise est devant nous?
Il est clair que la crise n'est pas terminée, mais il ne faut pas non plus penser que le pire est à venir. Des mesures ont été prises pour mettre, mais il faudra attendre qu'elles se mettent en place plus concrètement pour observer une véritable accalmie.

D'autre part, la crise ne peut être stoppée uniquement par de mesures. Il faut attendre que la confiance se réinstalle. Cela prendra du temps, et je pense que ces sursauts des marchés dureront, au moins, jusqu'à la fin de l'année 2008.