La société de reconditionnement de smartphones Remade au bord du gouffre

ECONOMIE Quatre offres de reprise ont été déposées et seront examinées jeudi par le tribunal de commerce de Rouen

C.A. avec AFP

— 

Une femme employée de l'usine Remade de Poilley travaille sur un téléphone reconditionné.
Une femme employée de l'usine Remade de Poilley travaille sur un téléphone reconditionné. — C. Triballeau / AFP

Elle a connu une ascension fulgurante depuis sa création en 2013, portée par l’essor du marché du smartphone. En cet automne, le quotidien est beaucoup plus anxiogène pour les salariés de Remade. La société de reconditionnement de smartphones basée à Poilley, dans la Manche, saura jeudi si elle peut continuer son activité.  Quatre offres de reprise ont été déposées et seront examinées par le tribunal de commerce de Rouen (Seine-Maritime).

Placée en redressement judiciaire, l’entreprise qui emploie 330 salariés est aussi soupçonnée de faux bilan et fausses factures. « Il y a évidemment une vraie inquiétude. Les salariés craignent que le redressement judiciaire ne soit converti en liquidation », a déclaré Sophia Garcia, secrétaire CFDT du comité social et économique.

L’offre de l’ancien patron jugée « ridicule » par l’avocat

Quatre offres ont été déposées. L'ancien PDG et fondateur du groupe Matthieu Millet, qui a dû quitter la présidence en juin, reprendrait 143 salariés, la société SFIT 20, l’entreprise Takara 32 et la société Recommerce 15, a-t-elle précisé. « Aucune n’est recevable en l’état. L’espoir le plus concret est que le tribunal considère qu’au regard du sérieux de trois des candidats, il prolonge la période d’observation pour leur permettre d’améliorer leurs offres », a ajouté Thomas Hollande, l’avocat du CSE, pour qui l’offre de Matthieu Millet est « ridicule ».

Environ 30.000 IPhone prêts à vendre

« Les différents repreneurs mettraient entre 200.000 et 1,2 million d’euros en prix de cession sur la table pour récupérer notamment le stock de 25.000 à 33.000 IPhone reconditionnés prêts à être commercialisés », a ajouté un porte-parole de la direction interrogé par l’AFP.

Selon la CFDT, le tribunal examinera la situation de Remade Group, dont la principale société Remade SAS emploie 350 personnes à Poilley, près du Mont-Saint-Michel mais qui inclut également des filiales logistiques. Selon la direction Remade SAS compte 330 salariés. Mi-septembre, la direction avait indiqué que le groupe Remade employait 680 personnes, dont 450 au sein de Remade SAS à Poilley et Tanis, deux communes voisines.