L’entreprise de location de bureaux WeWork va supprimer 2.400 emplois dans le monde

RESTRUCTURATION L’entreprise devait entrer à Wall Street cet automne mais cette entrée en bourse a été annulée à cause de la mauvaise gestion de l’entreprise

20 Minutes avec AFP

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Des bureaux WeWork à Chicago.
Des bureaux WeWork à Chicago. — SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

La chute continue pour WeWork. L’entreprise américaine, qui se voulait à la pointe de l’univers des start-up en proposant des bureaux partagés, a annoncé ce jeudi la suppression de quelque 2.400 emplois dans le monde dans le cadre d’une restructuration. C’est près de 20 % de ses effectifs totaux.

« Dans le cadre de notre (stratégie) de recentrage sur le cœur de métier de WeWork, et comme nous l’avions précédemment fait savoir aux employés, la société procède aux licenciements nécessaires pour créer une organisation plus efficace », a indiqué une porte-parole de l’entreprise.

2.400 employés concernés

Un véritable plan social qui a commencé « il y a des semaines dans des régions du monde et s’est poursuivi cette semaine aux Etats-Unis. Cette réduction d’effectifs concerne environ 2.400 employés dans le monde », a-t-elle ajouté. A la fin du mois de juin, l’entreprise comptait encore 12.500 personnes.

Les employés concernés par ce plan social recevront des indemnités de départ, des avantages et d’autres formes d’aides afin de les aider à trouver un autre emploi, a fait savoir la porte-parole. « Ce sont des professionnels incroyablement talentueux et nous leur sommes reconnaissants du rôle important qu’ils ont joué dans la construction de WeWork au cours de la dernière décennie », a-t-elle également commenté.

Une entrée en bourse contrariée

Alex Cohen, spécialiste du marché immobilier commercial pour l’agence Compass à New York, n’est pas surpris par ce plan social, pointant la philosophie de « croissance à tout prix ». « Dans la quête de WeWork de tout faire en interne, ils ont rassemblé une main-d’œuvre phénoménale », commente-t-il, citant « des centaines d’employés chargés de la conception, de l’ingénierie et de la gestion de la construction ». Par contraste, Regus, le concurrent, n’a jamais eu plus d’une douzaine d’effectifs pour ces fonctions et a largement fait appel à la sous-traitance, explique-t-il.

Les déboires se sont accumulés récemment pour WeWork. L'entreprise avait prévu de faire une entrée en grande pompe à Wall Street cet automne. La société avait pour 2,5 milliards de dollars de trésorerie au 30 juin mais les coûts de construction et d’autres dépenses ont aspiré cet argent, avaient expliqué à l’AFP des sources bancaires. Les interrogations se sont en outre multipliées sur sa capacité à gagner de l’argent et à faire face au ralentissement économique mondial, l’immobilier étant souvent l’un des premiers secteurs touchés.

Le patron de WeWork débarqué

Ces bureaux partagés, souvent rassemblés dans des immeubles gigantesques, sont à la mode dans l’univers immobilier d’autant qu’ils proposent une myriade d’animations pour retenir leurs locataires. Mais leur modèle économique reste incertain bien que les clients du coworking se soient diversifiés avec l’arrivée, par exemple en Europe, de grands groupes aux côtés de travailleurs indépendants et des start-up.

Face à la défiance grandissante des investisseurs, WeWork a dû renoncer à cette entrée en Bourse. Quant à son patron et cofondateur Adam Neumann, 40 ans, il a fini par consentir à quitter ses fonctions, avec 1,7 milliard de dollars d’indemnités. L’entreprise présentée, il y a encore peu, comme une des étoiles de l’économie du partage s’est aussi résolue à être sauvée par son actionnaire, le géant japonais de l’investissement dans les technologies SoftBank, et à faire des économies drastiques.

La débâcle de WeWork contribue par ailleurs aux difficultés de SoftBank, qui a annoncé plus tôt ce mois-ci sa plus grosse perte d’exploitation trimestrielle jamais enregistrée (700 milliards de yens, 6,4 milliards de dollars).