Edouard Philippe maintient la prévision de 2,2 % de déficit public en 2020

BUDGET Le Premier ministre était interrogé ce jeudi matin sur France Inter

20 Minutes avec AFP

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Edouard Philippe, le 20 novembre 2019 à Paris.
Edouard Philippe, le 20 novembre 2019 à Paris. — Martin BUREAU / AFP

Le déficit public de la France devrait être de 2,2 % en 2020, a affirmé ce jeudi sur France Inter le Premier ministre Edouard Philippe, réitérant la prévision antérieure du gouvernement. L’exécutif avait tablé à l’origine sur un déficit public de 2 % en 2020, avant les annonces budgétaires en réponse à la crise des « gilets jaunes ».

« Oui, dans les conditions actuelles », a-t-il répondu à une question sur ce sujet. « Je ne sais pas tout ce qui se passera dans l’année 2020, je ne sais pas ce que l’Amérique et la Chine vont faire en matière de guerre commerciale », a-t-il néanmoins prévenu. Mercredi, le gouvernement a annoncé une rallonge budgétaire et une reprise de dette étalées sur trois ans ainsi que des primes pour les personnels, dans un plan d’urgence pour les hôpitaux publics en crise.

Pas de déséquilibre dans le budget

Pour l’année prochaine, la rallonge s’élève à 300 millions d’euros, mais n’entraînera « pas de modification substantielle des grands équilibres dans le budget 2020 », selon Bercy. « Nous sommes déterminés à rétablir les finances publiques de la France. Nous l’avons fait depuis près de trois ans. Nous sommes sortis de la procédure pour déficit excessif, nous sommes passés sous la barre des 3 % de déficit public, nous avons stabilisé une dette qui avait explosé au cours des dix dernières années », a pointé mercredi le ministre de l’Economie Bruno le Maire.

« Il y a des souffrances en France », a-t-il ajouté, évoquant les « gilets jaunes » et les attentes de certains services publics, dont l’hôpital : « je crois qu’y répondre est juste ». La Commission européenne a néanmoins épinglé mercredi plusieurs pays européens dont la France estimant que leurs prévisions budgétaires pour 2020 présentaient un risque de « non-conformité » avec les règles européennes. Selon la Commission, l’effort structurel – c’est-à-dire l’effort fourni sans prendre en compte la conjoncture économique – reste trop faible.

Début novembre, le président Emmanuel Macron avait taclé la règle sur le maintien du déficit public des pays de la zone euro sous la barre des 3 % du PIB, estimant qu’il s’agissait d’un débat d’un autre siècle.