Davantage de liberté mais davantage de risques, le statut du travailleur indépendant continue de séduire

EMPLOI Plus d’horaires fixes, de patron ou de job routinier, de plus en plus d’actifs se lancent en free-lance

Julie Polizzi pour 20 Minutes

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Quelque 2,8 millions d'actifs exercent leur profession en tant que travailleurs indépendants.
Quelque 2,8 millions d'actifs exercent leur profession en tant que travailleurs indépendants. — IStock / City Presse

D’après un rapport dévoilé en 2016 par le Haut Conseil pour le financement de la protection sociale, la France compterait quelque 2,8 millions de travailleurs indépendants. Or, si leur nombre a été divisé par deux depuis les années 1970, cette forme d’activité est revenue à la mode avec la crise du chômage ainsi qu’une nouvelle volonté des jeunes actifs de changer les codes.

Voler de ses propres ailes

Comme son appellation l’indique, le travailleur indépendant exerce sa profession en toute autonomie. Sans patron, il n’a pas de subordination et se lance à son compte, ce qui présente d’indéniables avantages. Flexibilité des horaires, choix des projets, organisation indépendante du temps de travail, il est possible de bénéficier d’une liberté professionnelle totale.

Revers de la médaille, il faut accepter une part de risque. Car c’est à lui seul de démarcher des entreprises pour leur proposer ses prestations. Ensuite, il doit savoir qu’il ne bénéficie pas de la même protection qu’un salarié et qu’il ne cotise pas comme lui. Il n’a donc très souvent pas de droits au chômage ou de droits au  congé parental. La clé du succès : parvenir à tisser un réseau de contacts fiable, ce qui est loin d’être une mince affaire lorsqu’on débute. Selon les fluctuations de son activité, ses revenus peuvent alors fortement varier, sans oublier le stress potentiel pour trouver de nouvelles missions en période de creux.

Un profil type

Une multitude de métiers peuvent être exercés en tant que free-lance. Très à la mode, le coaching séduit de plus en plus. Le Web donne également sa chance aux développeurs, aux designers, aux infographistes et aux rédacteurs qui créent leur propre poste, faute souvent d’en trouver un en tant que salariés. Le domaine du conseil et des consultants fourmille lui aussi de professionnels autonomes.

Dans tous les cas, ce sont principalement des hommes qui relèvent le défi. Selon l’étude du Haut Conseil, le free-lance type est un homme (à 66 %) âgé de 46 ans et de diplômé dans le secteur des services. Gagnant plutôt bien sa vie, cet actif affiche en moyenne des revenus de 38.280 euros par an, tandis qu’une fois sur dix, ils sont nuls ou négatifs. Tout dépend en effet du statut juridique sous lequel il exerce son activité. Car le terme d’indépendant regroupe en réalité plusieurs types de professionnels.

Choisir son régime juridique

La majorité des free-lances sont sociétaires. Selon leur domaine et leurs besoins, ils peuvent opter pour le statut d’entreprise individuelle, créer une entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) ou encore une entreprise individuelle à responsabilité limitée, sachant que chacune implique un régime spécifique.

En plein essor, la microentreprise (ancien auto-entrepreneur) est plébiscitée pour sa simplicité, puisqu’elle permet de se lancer sans apport de capital ni frais de structure. Les multiples plateformes collaboratives ont d’ailleurs largement contribué à développer le modèle, au risque de normaliser un certain nombre d’emplois précaires. Alors qu’on comptait déjà plus d’un million de micro-entrepreneurs, les récentes évolutions législatives ont gonflé les chiffres. Selon l’Insee, ce statut a représenté 45 % des créations d’entreprises en 2018.

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