Précarité énergétique : Avant de se priver de chauffage, comment réduire la facture ?

FLAMBEE Les tarifs de l’énergie augmentent et, avec l’hiver, les Français se privent notamment de chauffage. L’UFC Que Choisir s’en inquiète et propose des solutions

Rachel Garrat-Valcarcel

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Un chèque énergie devant un radiateur. (illustration)
Un chèque énergie devant un radiateur. (illustration) — ALLILI MOURAD/SIPA
  • D’après un sondage, 71 % des Français et des Françaises retardent au maximum le moment d’allumer le chauffage. L’hiver leur fait peur.
  • La hausse des tarifs de l’électricité n’est pas partie pour s’arrêter, au contraire, d’après l’UFC-Que Choisir.
  • Pour l’organisation de consommateurs, faire jouer la concurrence est une solution.

Si vous aussi vous attendez au maximum pour allumer votre chauffage en hiver, sachez que vous n’êtes pas une exception. D’après un sondage Odoxa pour JeChange.fr, 71 % des Français et Françaises interrogées font la même chose. Pas tant pour des raisons écologiques que pour des raisons économiques. En fait, ces 71 % redoutent carrément l’arrivée de l’hiver, saison qui va leur coûter plus cher côté  énergies. « Quand on doit faire des économies sur l’énergie, il est rare qu’on fasse moins la cuisine ou qu’on débranche son frigo. Alors, la marge de manœuvre c’est le chauffage. Qui plus est dans une résidence mal isolée où pour augmenter un peu la température il faut chauffer beaucoup », détaille Antoine Autier, de l’UFC-Que Choisir.

Ce responsable adjoint des études estime que les rénovations pour mieux isoler les maisons et les appartements ou les chèques énergie sont nécessaires, mais loin d’être suffisants. Surtout que les tarifs de l’électricité ont fortement augmenté : +8 %, d’après l’UFC-Que Choisir cette année. Et qu’il y « a une hausse tendancielle inquiétante qui ne va pas s’arrêter », prévient Antoine Autier.

Faire jouer la concurrence

Alors que faire ? Aller voir ailleurs ? Quitter l’opérateur historique, EDF, pour réduire sa facture ? Les trois quarts des sondés et sondées d’Odoxa ne croient pas la démarche intéressante. « Ils ont plutôt tort », répond le chargé des études de l’UFC Que Choisir. « Il y a, chez des fournisseurs alternatifs, des prix inférieurs au tarif réglementé. Parfois les prix augmentent car leur accès à l’énergie nucléaire est limité et ils doivent donc s’approvisionner ailleurs. Donc ça augmente. Mais si ça augmente chez les alternatifs, c’est que le tarif réglementé augmente aussi. »

Bref, « il faut faire jouer la concurrence et comparer les prix ». Mais là aussi, ce n’est pas suffisant. Car pour Antoine Autier, cette question du chauffage qui (re) devient prégnante pour les familles est une régression dont les pouvoirs publics doivent prendre conscience.

« Il y a un levier fiscal »

Dans ce contexte, « le gouvernement ne peut pas se contenter de dire, quand le tarif réglementé de l’électricité augmente, qu’on ne peut rien y faire, que c’est le calcul qui est comme ça. » L’UFC Que Choisir critique, en effet, les taxes appliquées sur les tarifs de l’énergie. Pas leur existence, mais leur mode de calcul. Chaque énergie est taxée et sur ce total-là, la TVA est appliquée (et non sur le prix hors taxes seul). « Ainsi, l’Etat prélève 1 milliard d’euros par an sur le pouvoir d’achat. Il y a donc un levier fiscal », dit Antoine Autier.

Se priver de chauffage est dangereux et il s’agit même d’une question de santé publique. Au Japon, en 2011, après la catastrophe de Fukushima, un moratoire a été imposé sur l’électricité d’origine nucléaire. Ce qui a provoqué une très forte hausse des prix de l’énergie. Du coup, des Japonais et des Japonaises ont renoncé à se chauffer. Résultat : plus de 1.200 morts supplémentaires à cause du froid, d’après une étude qui a analysé les conséquences de hausse brutale des tarifs de l’énergie… sur une petite partie du pays seulement.