Les banques aidées, mais pas recapitalisées

DECRYPTAGE L'Etat finance les banques sans entrer dans leur capital...

avec agence

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Les 10,5 milliards prêtés aux banques
Les 10,5 milliards prêtés aux banques — ide
Les banques n'osaient pas le demander, Christine Lagarde le leur a donné. Ce lundi, la ministre de l'Economie et des Finances a brisé le statu quo en offrant 10,5 milliards d'euros à 6 banques françaises, une somme qui fait partie du plan de 40 milliards annoncé la semaine dernière. Décryptage du mécanisme.
 
L'Etat offre sans que les banques demandent

Depuis l'annonce de l'ouverture d'un guichet de recapitalisation à destination des banques en difficulté, aucune ne s'en était saisi. Et pour cause: le moindre signe de faiblesse coûte cher sur un marché en pleine tempête. Ce lundi, c'est la Société générale qui en a fait les frais, en perdant près de 10% de sa valeur en Bourse après des rumeurs sur son état de santé.
 
Pas d'ouverture des conseils d'administration
 

Frédéric Oudéa, le directeur général de la Société générale, avait pourtant affirmé mardi dernier que son établissement n'aurait «pas besoin d'utiliser ce "guichet public"». Sa banque recevra néanmoins 1.7 milliards d'euros. Comme la BNP Paribas (2.55 milliards), le Crédit Agricole (3 milliards), le Crédit Mutuel (1.2 milliard), la Caisse d'Epargne (1,1 milliard) et la Banque populaire (950 millions), la Société générale ne sera en revanche pas contrainte d'ouvrir son conseil d'administration à l'Etat, comme le laisser penser le plan annoncé la semaine dernière.

 
«Obligations» n'est pas «actions»
 

Car c'est à travers un mécanisme de «dette subordonnée», et non de recapitalisation, que les banques seront finalement aidées. L'Etat va en effet acquérir auprès des banques des obligations, c'est-à-dire des prêts remboursés à une échéance donnée, et non des actions, qui entraîneraient une forme de nationalisation, même partielle, de la banque aidée. Jusqu'au remboursement de ces obligations, l'Etat percevra des intérêts annuels.


A travers la Société française de financement de l'économie (SSFE) créée le 17 octobre dernier et détenue à 66% par les banques elles-mêmes selon le site Marianne2.fr, l'Etat va mettre en jeu sa crédibilité en tant qu'emprunteur pour lever des fonds. Les premières aides devraient être disponibles dès cette semaine, comme l'annonce un communiqué du ministère de l'Economie.
 
Une nouvelle aide en 2009
 

En contrepartie, la ministre de l'Economie demande aux banques de relancer le crédit en faveur des ménages, des PME et des collectivités locales et d'adopter des règles éthiques de rémunération de leurs dirigeants. «Si les tensions du marché venaient à persister», explique la ministre, une nouvelle aide équivalente pourrait être apportée aux banques en 2009.

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Les marchés se referont-ils une santé avec ce nouveau plan? Les Français, eux, n'y croient pas: selon un sondage BVA-Les Echos-France Inter publié ce lundi, ils sont 59% à penser que ces mesures ne seront pas à même de «favoriser la reprise de la croissance économique».