Incendie de Lubrizol à Rouen : L’usine est condamnée si elle reste arrêtée, prévient le président de l’entreprise

CONSEQUENCES Le patron de l’usine estime que ses clients vont vite se tourner vers d’autres producteurs de lubrifiants

20 Minutes avec AFP

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A l'entrée de l'usine Lubrizol de Rouen.
A l'entrée de l'usine Lubrizol de Rouen. — Robin Letellier/SIPA

L’usine Lubrizol de Rouen, dont l’entrepôt de produits finis a brûlé le 26 septembre, sera condamnée si elle reste à l’arrêt trop longtemps, a estimé le président de Lubrizol France, Frédéric Henry, dans un entretien à L’Usine Nouvelle publié ce mercredi. « Si nous ne redémarrons pas, nos clients iront voir ailleurs. Si nous redémarrons alors que nos clients ont trouvé d’autres solutions, notre usine n’aura plus de raisons de fonctionner », a affirmé Frédéric Henry.

L’usine est en outre « un gros contributeur fiscal » pour l’agglomération rouennaise, où elle emploie directement ou indirectement quelque 2.200 personnes, a remarqué le dirigeant. « Nous sommes ici depuis soixante-cinq ans et avons toujours été intégrés à la vie économique locale. (…) Si l’usine fermait, on ajouterait donc une catastrophe économique à un incident industriel important », a-t-il souligné.

Impossible déménagement

« Ce type d’usine ne se déménage pas », car il s’agit d’un vaste complexe « très capitalistique » où s’entremêlent des bacs, des tuyauteries et des pompes, a aussi remarqué Frédéric Henry. Il est d’ailleurs vain de penser qu’on pourrait se passer de l’industrie chimique, selon lui. « Quand (les gens) sont sur la table d’opération, c’est la chimie qui leur permet de ne pas souffrir. La chimie est partout dans leur quotidien », a-t-il lancé.

« En ce qui concerne notre métier d’additiveur, tous les moteurs, toutes les pièces mécaniques, comme les boîtes de vitesses, les engrenages, les machines hydrauliques, fonctionnent avec des lubrifiants contenant des additifs. Les additifs permettent d’espacer les vidanges et d’augmenter la durée de vie des moteurs. Sans additif, un moteur de voiture tourne 1.000 kilomètres puis il casse. »

Lubrizol France fournit la moitié des additifs fabriqués en Europe. « Le marché va manquer de produit à un moment donné », a-t-il ajouté, alors que Total Lubrifiants a écrit à ses clients pour faire état de « force majeure » en raison de ses difficultés d’approvisionnement en additifs.