Retraite : Comment bénéficier de son assurance française quand on réside à l’étranger ?

ARGENT Près de 300.000 seniors coulent des jours heureux en dehors des frontières hexagonales, et cela ne les empêche pas de toucher la pension de retraite pour laquelle ils ont cotisé durant leur carrière

Julie Polizzi pour 20 Minutes
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Bonne nouvelle : vivre sa retraite à l'étranger tout en percevant sa pension française, c'est possible !
Bonne nouvelle : vivre sa retraite à l'étranger tout en percevant sa pension française, c'est possible ! — IStock / City Presse

Destinations privilégiées des seniors, des pays comme l’Espagne, le Portugal, Malte, Madagascar, le Panama ou la Thaïlande voient débarquer de plus en plus de personnes âgées désireuses de profiter d’un repos bien mérité dans des régions du monde où leur pension leur permettra de vivre confortablement.

Sur quelque 1,82 million d’expatriés inscrits de façon facultative au Registre des consulats fin 2017, 15 % avaient en effet plus de 60 ans.

Une pension moins taxée

Après avoir longtemps cotisé en France pour obtenir une maigre retraite – 1.500 euros nets mensuels en moyenne –, il ne manquerait plus que ce départ à l’étranger les en prive. Pas de panique, il n’en est rien. Le fait de partir s’établir en dehors des frontières hexagonales pendant vos vieux jours ne vous empêche en aucun cas de percevoir vos pensions. Ces dernières sont même légèrement revues à la hausse en raison d’un changement de fiscalité.

Puisque vous êtes domicilié fiscalement en dehors du territoire national, votre retraite échappe en effet à certaines taxes, à savoir la contribution sociale généralisée, la fameuse CSG (2,4 % après déduction de l’impôt sur le revenu), la contribution pour le remboursement de la dette sociale, la CRDS (0,50 %) et la contribution de solidarité pour l’autonomie, la Casa (0,30 %). Sachez en revanche que votre expatriation vous prive de l’éventuel bénéfice de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) et de l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI), toutes deux conditionnées à une résidence en France.

Justifiez de votre existence

Avant de vous envoler vers votre pays d’accueil, renseignez-vous en amont auprès de votre caisse d’assurance maladie et de votre caisse de retraite. Il est en effet nécessaire de les informer de votre départ et de leur signaler votre nouvelle adresse, voire un changement de coordonnées bancaires. À cette occasion, vous pourrez demander à virer directement vos pensions sur votre compte bancaire à l’étranger. Afin de continuer à toucher leur dû, les seniors expatriés doivent en outre prouver à leurs différents régimes qu’ils sont toujours vivants en leur envoyant, chaque année, l' « attestation pour le paiement des retraites des personnes résidant hors de France », aussi appelé certificat de vie. Il doit être validé par une autorité compétente du pays de résidence (commissariat, mairie, ambassade…).

Auparavant, il fallait envoyer ce document par courrier à l’ensemble des caisses de retraite. Mais la dématérialisation simplifie la donne. À compter de novembre 2019, tout se fait depuis le service sécurisé en ligne « Ma retraite à l’étranger », accessible depuis les sites  Info-retraite ou Agirc-Arrco. Vous y trouverez votre document prérempli à faire valider par l’autorité locale. Il vous suffira ensuite de le scanner ou de le photographier et de le renvoyer via votre espace personnel pour qu’il soit transmis à vos régimes.

Une couverture médicale à adapter

En vous expatriant, vous perdez vos droits au régime de l’Assurance maladie française. Plusieurs options s’offrent à vous :
- L’affiliation volontaire à la Caisse des Français de l’étranger. Cet organisme est la continuité de la Sécurité sociale en dehors de l’Hexagone. Il vous permet donc de profiter des mêmes remboursements.
- Choisir une couverture locale. Au sein de l’Union européenne, le formulaire E 121/S1 – à demander à votre caisse de retraite avant votre départ – permet de s’inscrire auprès de l’organisme de Sécurité sociale du pays d’accueil. En dehors de l’Union, il faut que l’État ait passé une convention avec la France.
- Une couverture complémentaire. Des mutuelles internationales permettent d’obtenir une prise en charge optimale.

Les bonnes adresses

Pour tout ce qui concerne la Sécurité sociale à l’étranger, rendez-vous sur :
- Le Centre des liaisons européennes et internationales de Sécurité sociale (cleiss.fr), la référence officielle chargée de veiller à la bonne application des accords internationaux en la matière.
- Le site de l’Assurance maladie (ameli.fr), qui consacre une documentation à ce sujet dans sa rubrique « Retraite à l’étranger ».