Le gouvernement fait ses comptes à la va-vite

Angeline Benoit - ©2008 20 minutes

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Tant pis si le budget de l'Etat pour 2009 ne tient pas la route. La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a défendu hier devant l'Assemblée nationale, le texte présenté en Conseil des ministres le 26 septembre, tout en s'attendant à « une révision à la baisse » de la croissance, mi-novembre, avec les chiffres du troisième trimestre. Car en près d'un mois, le scénario de création de richesse de 1 % en 2009 est devenu irréaliste. Les prévisions du Fonds monétaire international publiées le 8 octobre tablent désormais sur 0,8 % en 2008 (contre 1,6 % en juillet) et 0,2 % l'an prochain (contre 1,4 % précédemment).

« Si la croissance tombe et que les recettes sont moins bonnes que prévu, il n'y aura ni hausse d'impôt ni mesures rectificatives sur les dépenses », a promis le ministre du Budget, Eric Woerth, prêt à laisser filer le déficit dont le dérapage à 56 milliards d'euros est pourtant déjà prévu. Mais les circonstances exceptionnelles seront alors réunies pour que Bruxelles se montre moins sévère sur les règles budgétaires européennes, juge Xavier Timbeau, du Centre de recherche en économie de Sciences-Po. Cela tombe bien, le budget revient devant les députés en deuxième lecture à la fin décembre. Le temps de voir venir...